2023

Heureuse et lumineuse année 2023

Même si la neige n’est pas au rendez-vous de ce 1er janvier,

on peut rêver que les pivoines fleuriront bien au printemps…

…quand le jardin ouvrira ses portes aux artistes, artisans et amis visiteurs, les samedi et dimanche 10 et 11 juin 2023

Retour sur les portes ouvertes 2022

Le jardin du Docteur Coué

Place Stanislas, quand vient l’automne, on peut visiter deux jardins. Dans la pénombre du Musée des Beaux-arts et dans la boutique très contemporaine de Daum, le jardin de verre et de cristal de la manufacture historique.

Collections Daum du musée des Beaux-Arts de Nancy – Boutique Daum de la Place Stanislas

Avant de suivre les traces de Daum, de Majorelle et d’Emile Gallé jusqu’au Musée de l’Ecole de Nancy, il faut visiter le jardin éphémère planté autour de la statue du bon roi Stanislas.

Cette année, le jardin, conçu sur le thème du « feu qui effleure » est à l’image du phoenix. Les photographies géantes de l’Australie et de la Californie en flammes forment comme un nid pour l’oiseau mythique dont les cendres laisseront éclore un oisillon symbole du renouveau, de la vie, plus forte que tout.

Le jardin est dédié aux sapeurs-pompiers qui ont tenu leur 128ème congrès annuel à Nancy. Je l’aurais plutôt dédié à la grande figure de l’autre Ecole de Nancy, contemporaine des maîtres de l’Art nouveau : Emile Coué, le père de la pensée positive. « Tous les jours, et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. »

Tous les jours, et à tous points de vue, nous allons de mieux en mieux. Ca brûle, des Landes à la Forêt de Brocéliande, mais ce n’est que pour mieux renaître. Le feu allume le feu intérieur, la solidarité, la puissance créatrice… La forêt reverdira et la vie sera encore plus belle. Tous les jours, et à tous points de vue, nous allons de mieux en mieux.

Monument à Emile Coué, Parc Sainte-Marie de Nancy. Photos e-monumen.net

Emile Coué publie « La Maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente » en 1922. Dans le sillage de l’école hypnologique de Nancy et des travaux d’Ambroise Liébeault et d’Hippolyte Bernheim, la méthode Coué a connu un succès fulgurant à Nancy, puis en Europe avant de conquérir les Etats-Unis.

Quand même l’herbe vient à manquer

Trois vaches ont le privilège de pâturer aux portes de notre jardin (alors que des centaines de leurs congénères sont assignées à résidence). Cependant, le pré devenant de plus en plus indigeste, la plus hardie des trois a trouvé une faille dans la clôture. En toute logique, l’herbe du fossé devrait être plus tendre. Desséchée là aussi.

Elle s’est alors retrouvée devant notre portail grand ouvert, plein de promesses, d’où elle n’a jamais vu sortir que des gens sympathiques. Toujours un bonjour, toujours un mot gentil. Arrivée à notre perron, la déception a dû être grande, l’herbe y est encore plus rare que dans le pré…

Peut-être plus haut…

Les feuilles du grand hêtre pleureur craquent eux aussi sous la dent…

La curiosité l’a menée vers le pont de John, quelques branches de lonicera nitida l’en ont heureusement détournée.

Une traversée du jardin des moines avec de gracieuses et très précises marches arrière à l’approche du bassin aux grenouilles, et c’est ainsi qu’après une visite toute en délicatesse, elle s’en est retournée chez ses soeurs.

Une idée de l’infini

Ca brûle du Sud au Nord, de l’Est à l’Ouest mais cela n’a pas refroidi une centaine de héros de l’asphalte pour se lancer dans le 44e Rallye de la Plaine des Vosges. 134,384 km de pollution atmosphérique et sonore autour de Mirecourt, pauvre cité des luthiers assourdie par les pétarades des bolides.

Un peu plus haut dans les Vosges, dont le piémont a des allures d’Andalousie, le défi était de franchir en moto 80 mètres dans au moins 50 cm de boue avec seulement 25 mètres d’élan !

De beaux titres pour la presse régionale qui laissent les écologistes muets, trop préoccupés par le sexe des anges.

« La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini », disait Renan. Plus clairvoyant, Schiller annonçait la fin de l’histoire : « Gegen Dummheit kämpfen Götter selbst vergebens* » …

*Contre la bêtise, même les dieux combattent en vain »

Surlendemain de fête

Non, nos jardins ne sont pas virtuels. Si nos chers abonnés ne nous visitent qu’à distance, nos échanges sont riches de vie, d’expériences, d’émotions. Et quand la rencontre arrive enfin à l’ombre du grand hêtre, c’est une amitié qui devient concrète.

Malyloup est venue « observer la vie » dans notre jardin et elle a réussi à y saisir une foule de petits hôtes souvent virevoltants : OBSERVER LA VIE

Lendemain de fête

Les visiteurs sont partis. Charmants visiteurs qui ont su apprécier le mariage des herbes folles et des herbes sages et découvrir le jardin jusqu’à ses floraisons les plus discrètes. Délicieux visiteurs qui se sont longuement attardés autour des créations semées dans les massifs, dans le sous-bois et même sur l’eau.

Le serpent à fleurs (chargé de faire oublier le réveil étrangement tardif des nénuphars) et la nasse flottante ondulent toujours sous le souffle du vent. Le petit Jules reste bien planté sur le pont de John, humant la brise du ruisseau…

Jules à 4 ans, statue en raku, Ginette Heuraux

Les Chinoises ont réveillé les nymphéas du bassin aux grenouilles. Elles ont même fait fleurir le thalia dealbata…

Chinoises, statues raku de Ginette Heuraux

…mais les chimères se sont volatilisées !

Les photos prises hier soir sont la preuve de leur existence. Ce pêcheur aux pieds de batracien appartiendrait-il à une lignée de chimères bienfaisantes ? Ou l’enfant sauvé des eaux n’est-il qu’en sursis ?

Le Pêcheur, sculpture de Martine Sauvageot

L’échassier bizarre a fui lui aussi, redoutant sans doute le retour du héron sur son territoire de prédilection.

Echassier bizarre, sculpture de Martine Sauvageot
Femme Masaï en tenue de fête

Martine Sauvageot, sculptures et chimères

Intermède musico-littéraire

« …je l’aime bien, ce bruit de foule et de voitures, je me sens dans la ville comme dans un oeuf et j’en ai besoin de ce bruit vivant, c’est une corde qui m’enserre et me retient, une ancre. »

Elle devait se sentir comme un poisson hors de l’eau, là en bordure du parc thermal, dans la pimpante médiathèque de Vittel. Elle n’en a rien laissé paraître. Elle a emporté un sage public de lecteurs (surtout de lectrices) dans sa traversée du Paris des années 80 à petites bouffées de guitare rock d’Emilie Marsh. L’ Angleterre de Bowie, la Californie des Beach Boys, l’Ostende d’Arno et Marvin Gaye, les succès, les tournées, les podiums, des petits et grands moments de vie intime. Du rock et du spleen, de l’humour, de l’émotion.

La « lecture » a duré quarante minutes, on aurait aimé beaucoup plus. Seuls un ou deux couplets, une citation de Barbara. On peut espérer un grand spectacle poético-rock rythmé de quelques-unes des 23 chansons qui balisent le récit.

Jil Caplan sera à la Maison de la Poésie à Paris, fin mai. Pour les autres, « je vais là où l’on m’invite », dit-elle.

Blah, blah, blah…

Que même Boris se dise « déçu », cela donne une idée du naufrage. Le président de la COP26, lui, se dit « profondément désolé ». Inutile de lire le « Pacte de Glasgow » pour comprendre que ce 26ème « sommet » n’aura produit qu’une énorme quantité de CO2. Et pendant ce temps, quelques irréductibles font leur travail de « colibri »

Les pieds dans le potager, la tête dans la canopée…

Cabane « Arbràmâne » – Vit tel ta nature

…on peut encore rêver. Ou vivre le rêve de devenir écureuil le temps d’un séjour dans le domaine de Vit tel ta Nature