La forêt enchantée

En lisière de forêt de Darney, alors que les arbres se déplument, une autre forêt invite à regarder la nature autrement…

Le mois de décembre venu, chez Ginette Heuraux, s’illuminent une forêt de sapins en Raku, des chouettes et des hiboux… et d’étranges créatures…

Les chimères de Martine Sauvageot ont trouvé dans la « grange » de Monthureux-le-Sec un refuge apaisant. Les monstres hybrides en seraient presque rassurants…

Il faut dire qu’en « TERRA RAKU » , l’humeur est à l’harmonie. Les esprits des bois, des ruisseaux et des étangs y veillent…

Il ne reste plus que deux jours pour découvrir la poésie de Ginette Heuraux, de Martine Sauvageot et de leurs amis artistes et artisans à Monthureux-le-Sec, les 14 et 15 décembre.

Mais on pourra toujours aller voir Ginette au travail…

…ou rejoindre les apprentis, petits et grands, de son atelier !

Le feu et la glace

17 novembre, 9 heures du matin, zéro degré exactement. Le soleil cherche à émerger de la brume, juste assez chaud pour réveiller les derniers feuillages, pas assez pour dissoudre le givre…

L’automne fut si doux que certains n’ont pas vu l’hiver venir…

Les hydrangeas sont un peu chiffonnés mais les vernonies, les saules tortueux, les saules crevettes font de la résistance.

Fraises de l’Armistice

Mais pourquoi mes fraisiers (Mount Everest) s’obstinent-ils à faire des fruits en octobre plutôt qu’en juin ? En plate-bande, en jardinière sous serre et sur tuteur, en grimpantes sur treille, rien n’y fait. Avec compost ou engrais bio spécial fraisier, la récolte printanière ou estivale reste ridicule. Mais à l’automne, ils se réveillent et ils offrent de généreuses grappes de fruits… qui n’auront jamais le temps de mûrir !

Alors nouvelle tentative : j’ai planté une longue ligne de fraisiers (encore en fleurs !) au-dessus du mur de pierres de pierres sèches en position retombante…

C’est l’automne, « chaque feuille est une fleur »

Non, l’automne n’est pas une saison triste. C’est aussi la saison du renouveau. « L’automne est un deuxième ressort où chaque feuille est une fleur », disait Camus.

Il y a un mois, le ruisseau étant encore à sec. Mais voilà, le miracle de l’automne s’est à nouveau produit même si l’on n’osait plus y croire ! L’eau coule à flots et la vie renaît. Et les troglodytes mignons (que j’espère un jour réussir à photographier) ne semblent pas perturbés…

Et pourtant le ruisseau est devenu torrent en quelques jours. Il fait le bonheur du martin-pêcheur qui remonte le courant au ras de l’eau mais il effraie les chats…

Ils se tiennent à distance du courant d’air et d’embruns mais c’est certainement le vacarme des chutes d’eau qui les impressionne le plus.

Et voilà qui repose, comme chaque année, la même question : comment aménager les rives d’un ruisseau sec en été et torrentueux quand vient l’automne ? Pour le moment, c’est du genre sauvage : fougères, lichens, jeunes résineux, spirées, herbes folles. Ce joyeux mélange se fond dans les feuillages de la belle saison mais en hiver, il devient bien triste…

Octobre à Gondremer

Entre jardin botanique et jardin paysager, le jardin de Gondremer est en fait un jardin botanique paysager. Au creux d’une vallée vosgienne, en forêt de Rambervillers-Autrey, il met en scène 4000 plantes dont la finesse évoque les jardins japonais.

L’étang de Gondremer aux couleurs de l’automne.

A la première visite, on est ébloui par l’harmonie des lignes et des couleurs…

A la seconde visite, on commence à prendre la mesure de la richesse des collections.

Et il en faudra beaucoup d’autres pour apprécier les nuances des 1 500 azalées et rhododendrons, des centaines de kalmia, pieris, érables du Japon…

Gondremer est un jardin généreux par ses collections (reconnues comme « Collections Nationales » par le Conservatoire Français des Collections Végérales Spécialisées. Il l’est aussi par l’accueil et la volonté de ses créateurs de partager leurs connaissances. Le plan offert à l’entrée du jardin localise cinquante arbres et arbustes remarquables et les autres plantes sont utilement étiquetées pour les jardiniers en quête d’inspiration.

Le jardin de Gondremer n’a « que » 45 ans. Voilà qui est encourageant. Tant de variété, de densité, de volumes, qui se fondent ou se découpent en harmonie, laissent penser à un jardin très ancien. de Même sans avoir l’ambition du couple de créateurs qui se sont lancés dans cette aventure en 1974, on peut espérer arriver à sculpter son petit bout de paysage en quelques années…

Jardin botanique de Gondremer : http://www.gondremer.com

Et à quelques centaines de mètres de là, l’Abbaye d’Autrey, son jardin, sa pépinière…

Il y aura du parfum pour la Saint-Valentin

Le Sarcococca confusa porte bien son nom. Il produit des fruits tout en bourgeonnant. Mais peu importe, son beau feuillage brille tout au long de l’année. Ses petites fleurs blanches restent très discrètes mais quel parfum ! Plus envoûtant que le jasmin en plein hiver !

Les baies roses qui sont apparues en été deviendront de grosses perles noires et brillantes cet hiver. Les fleurs blanches resteront toutes petites mais quelle fragrance ! Planté à la mi-ombre et à l’abri du vent au pied du perron de la maison, il a survécu à quelques journées de froid très rude. Pour lui tenir compagnie : un osmanthe et un nandina :

L’osmanthe et le nandina fleurissent comme ils n’ont jamais fleuri depuis leur plantation il y a cinq ans. Et, comme le sarcocca, ils ont bien résisté au froid, avec quelques jours de gelées sévères sous voile d’hivernage.

Multiplication « expérimentale » des dahlias

De petites feuilles vert tendre se dressaient au milieu des beaux feuillages noirs des dahlias Nirvana. J’ai cru à une montée d’adventices avant de réaliser que je venais d’arracher des graines germées…

Graines de dahlias en pleine germination

…graines germées aussitôt repiquées !

J’ignore si cette méthode de reproduction est viable mais tous les espoirs sont permis. J’attends donc la naissance de beaux plants aux feuillages noirs et vigoureux, résistant à toutes les maladies.

Merci à la salamandre

Comme les cèpes et les coulemelles qui se ramassent par kilos, les salamandres sortent de leur cachette. En voici une qui veille la nuit sur les boutures et les jeunes pousses.

Salamandre tachetée

Plan canicule 2020 (3)

Petit bilan de santé en ces premières semaines d’automne : qui a survécu à cet été torride ? Quelles plantes diviser ou bouturer en prévision de la prochaine canicule ?

Armoises, orpins et pérovskias

C’est le trio gagnant de l’été, avec les santolines et les népétas rampants. Problème : ça fait beaucoup de feuillages argentés tout cela…

L’Armoise arborescente ‘Powis Castle’, l’orpin, l

La mauve en arbre

Ce n’est pas ma préférée mais il faut reconnaître que le jardinier paresseux peut difficilement trouver mieux. Là, en terrain sec, avec un arrosage minimal, elle fleurit en continu. Près de la maison, dans un sol pollué par les chauffagistes, où toutes les plantes sont mortes, elle s’épanouit sans problème. Je vais en faire de nouvelles boutures, inratables, pour les coins les plus difficiles du jardin.

Vernonia

Repérées il y a trois ans au Jardin botanique de Nancy, triomphant de la sécheresse parmi des plantes desséchées, j’en ai planté trois souches et elles ne m’ont pas déçue. Elles forment un énorme massif de 2 mètres de haut à la floraison généreuse (comme celle de asters mais un peu plus précoce) et au feuillage insensible aux maladies. Cet automne, je vais faire une première tentative de division…

Vernonia crinita Mammuth

Immortelles

Bien nommées, car elles reviennent plus vigoureuses année après année, mais un peu décevantes tout de même car la fanaison est vraiment triste. Il faut donc les couper ras dès les premières pluies d’automne. C’est vrai pour l’Anaphalis margaritacea Neuschnee (photographiée avant la pluie à la mi-septembre) comme pour l’ Anaphalis triplinervis, ou Immortelle de l’Himalaya.

Anaphalis Margaritacea

Couleurs d’automne

Sous la garde de notre dernier canard (les autres, les vrais, ont fui les attaques des buses et des milans), le jardin a repris des couleurs : du vert sur la pelouse et toutes les nuances de l’or au rouge dans les feuillages.

Les hydrangeas, blanc Annabelle ou bleu Romance, résistent bien et l’érable du Japon tourne au grenat…

…quand l’hydrangea Koria est passé du bleu au rose.

Et, heureusement, les asters ont pris le relais des rosiers et des vivaces épuisés par la chaleur et la sécheresse.