Un plan, enfin !

Pour les visiteurs qui se perdent dans notre jardin, voici une ébauche de plan et quelques vues élargies. Ruisseau, étang, massifs, bordures, arbres et arbustes isolés… occupent un terrain de 8 000 m², long d’environ 110 mètres. Ce qui brouille les repères, c’est qu’il est aménagé sur trois niveaux. Dans un passé dont il ne reste malheureusement que peu de traces, il y avait là l’un des nombreux moulins à eau qui alimentaient les manufactures, les villes et les villages de la plaine des Vosges.

Au centre du terrain, la maison (adossée à l’ancienne maison du meunier) : les 4 coins coïncident avec les 4 points cardinaux. L’entrée est orientée à l’Est Sud-Est, côté orée du bois. Les trois autres côtés sont cernés par la Forêt de Darney.

Niveau 0 côté Est

Au niveau 0 : le portail, l’allée d’épicéas, la maison et une grande terrasse gazonnée qui la contourne jusqu’au ruisseau ;

Au bout de l’allée d’épicéas, arrivés à la cour gravillonnée, on tourne à gauche sous l’arche de la glycine pour arriver à la grande terrasse qui entoure la maison.

De la terrasse, un escalier donne accès au niveau -1 aménagé en jardin de moines (plutôt que de curé, étant donné l’isolement du lieu).

Niveau 0 côté Sud

En poursuivant, on contourne la maison, toujours en terrain plat, puis une côte mène à l’étang en passant sous la ramure du grand hêtre pleureur.

Massifs de vivaces et de rosiers aménagés côté Sud
Au bout de la pelouse, entre le tilleul et un massif de rhododendrons, skimmias, hydrangeas et autres hostas, on accède au petit pont pour traverser le ruisseau.

A suivre avec la visite des niveaux -1 et +1…

Eclosions d’hydrangéas

Ils seront bientôt somptueux. Macrophylla, paniculata, arborescents, ils fleuriront généreusement tout l’été sans demander d’autre attention que l’arrosage. Mais je crois que c’est en tout début de floraison que je les préfère. Hortensias de « grand-mère », installés depuis des décennies par nos prédécesseurs, ou hydrangéas plus rares venus de jardins japonais, l’éclosion de leurs premières fleurs est particulièrement émouvante.

Hortensia macrophylla « boule » , ‘Blaue Donau’ ?
Hydrangea arborescens ‘Annabelle’ dont les jolies ombelles vertes annoncent de généreuses boules blanches.
H. paniculata ‘Early Sensation’
Hydrangea paniculata ‘Vanille fraise’.
Hortensia macrophylla « boule » , ‘Bouquet rose’ ?
Hydrangea macrophylla ‘Alpenglühen » ?, au feuillage charnu, qui vire au grenat doublé de violet à l’automne pour de magnifiques bouquets secs.
Hydrangea arborescens ‘Spirit Invincibelle’, Annabelle rose qui porte bien son nom : elle a résisté à la sécheresse, à la canicule, aux vents d’hiver qui soufflent sur l’étang.

Ton sur ton

Harmonieuse rencontre « ton sur ton » d’une fleur de phlomis et d’un lepture tacheté (rutpela maculata). Ce coléoptère effilé est facilement reconnaissable à ses élytres jaunes tachés et rayés de noir. Les antennes aussi sont annelées jaune et noir.

Rutpela maculata (lepture tacheté)

Le Phlomis fructicosa ou Sauge de Jérusalem est l’arbuste le plus facile à vivre qui soit. Je l’ai ramené du Jardin d’Adoué près de Nancy et de sa pépinière de plantes rustiques avec la garantie qu’il survivra au climat des Vosges. Planté au printemps dernier, il a enduré la canicule dans la partie la plus ingrate du jardin sans faiblir. Son beau feuillage duveteux, vert argenté ourlé de blanc, a résisté à l’hiver (très doux) et il a déjà doublé de volume. Il devrait atteindre 1 m 25 à maturité.

Phlomis fructicosa (Sauge de Jérusalem)

Née de la dernière pluie

Première floraison de l’hymenocallis ! Eclosion d’autant plus éblouissante qu’elle éclaire le jardin après plusieurs jours de pluie (pluie tant attendue). Cette Ismène festalis est aussi appelée « lys araignée », appellation pas très gracieuse mais qui évoque son délicieux parfum. On l’appelle encore « jonquille du Pérou », invitation au voyage des origines de cette plante bulbeuse de la famille des amaryllis. (Je les ai plantées au jardin dans leur pot pour les mettre sous abri avant l’hiver.)

Cette belle Ismène blanche nous console de la fanaison accélérée par la pluie d’autres élégantes tout en blanc : les iris « dames blanches » et les dernières bractées blanches du cornouiller du Japon.

Iris germinaca « Dame blanche », iris des jardins
Cornus kousa « Venus »

Berchigranges au mois de mai

Ambiance euphorique autour du lac de Gérardmer : les « déconfinés » retrouvent la nature et la liberté. On redécouvre les joies du déjeuner sur l’herbe et des balades au bord de l’eau. On se sourit, on se salue, on se souhaite une belle promenade comme si, pour chacun, c’était « la première fois ».

A quelques kilomètres du lac, le jardin de Berchigranges. L’atmosphère y est plus feutrée mais tout aussi euphorique et la visite a elle aussi un parfum de « première fois », même pour les visiteurs les plus fidèles.

Banc végétal pour la contemplation d’un Cornus Kousa monumental

Confinement oblige, on a manqué le spectacle des narcisses et des jonquilles et les floraisons ne sont pas encore spectaculaires. Mais c’est l’occasion de découvrir de petits trésors végétaux plus discrets.

La ronde des euphorbes

Le jardin de mousses inauguré l’an dernier a pris une belle densité. Le manteau de lichens a complètement arrondi les angles de l’éboulis de roches.

Et ceux qu’on attend tous sont déjà là : les pavots bleus de l’Himalaya.

C’est grâce au succès de leur pétition que les jardins de Berchigranges, des Panrées et de Callunes ont pu ouvrir leurs portes :

https://www.change.org/p/ouvrez-les-jardins?signed=true

« …Pourquoi ne pas considérer les bienfaits apportés par une promenade dans un jardin comme absolument nécessaires et bénéfiques aussi bien physiquement que psychologiquement après cette lourde épreuve du confinement ? »

Le site du jardin de Berchigranges : http://www.berchigranges.com

Déconfinement

Comme chaque année, quand le beau feuillage des pivoines commence à s’épaissir, nous avons sorti les cages de « confinement ». Ces belles aux « fastueuses corolles » présument de leurs forces. Mais comme chaque année, en voyant les petites touffes de feuilles perdues au milieu de leur cage, nous nous sommes dit qu’elles étaient démesurées…

…et bien sûr, comme chaque année, elles seront finalement trop petites pour leur maintenir la tête haute à toutes.

« Rouge grenat, rose gai, rose sentimental, trois ou quatre autres carmins, elles ont des couleurs de la belle santé, et me réjouiront pendant une semaine. Et puis elles laisseront tomber, toutes à la fois, leur brasier de pétales, avec un soupir de fleur qui imite le brusque trépas de la rose. » 

Colette, « Pour un herbier »

« Rose gai », « rose sentimental », grenat et carmins divers… pour être digne du fabuleux herbier de Colette, il faudra enrichir la gamme des pivoines et apprendre à reconnaître toutes les subtilités de leur parfum :

« La pivoine sent la pivoine, c’est-à-dire le hanneton. par le truchement d’une fétidité délicate, elle a le privilège de nous mettre en rapport avec le véritable printemps, porteur d’odeurs suspectes dont la somme est propre à nous enchanter. « 

Glycine et clématite

« Au printemps, c’est dans les bois nus Qu’un jour nous nous sommes connus. Les bourgeons poussaient vapeur verte. L’amour fut une découverte. Grâce aux lilas, grâce aux muguets, De rêveurs nous devînmes gais. Sous la glycine et le cytise, Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ? Nous n’aurions rien dit, réséda, Sans ton parfum qui nous aida. »

Charles Cros, « Le coffret de santal »

Cette clématite, Clematis Docteur Ruppel, je crois (?) végétait, le pied à l’abri du soleil, en compagnie d’un hortensia. Mais la voilà rayonnante, en compagnie de la glycine de Chine. Il suffit parfois d’une rencontre pour changer la vie…

Petit matin pluvieux, rhododendrons heureux

La pluie, enfin ! Deuxième nuit d’une pluie soutenue et le jardin se réveille plein d’énergie dans la fraîcheur d’un jardin anglais. Seuls les iris ont l’air chiffonné. Les rosiers, les hydrangéas, les vivaces se développent à vue d’oeil et les rhododendrons soupirent d’aise…

Et le petit dernier : planté il y a trois semaines, un petit rhododendron blanc offre sa première fleur au milieu des myosotis.

Quel est cet arbuste épineux et parfumé ?

Il vient de retrouver un beau feuillage dense à feuilles arrondies, souples et « frangées », ce n’est pas un mahonia. On l’a sévèrement taillé l’été dernier pour se préserver de ses redoutables épines, ce n’est pas un cytise. Le traitement lui a bien réussi car il a poussé dans les hauteurs du vieux lilas (3 mètres) et il s’est couvert de ses grappes de petites fleurs jaunes et parfumées. Mais on ne l’a toujours pas identifié…

Un papillon fait-il le printemps ?

Au petit matin, le jardin était tout blanc de givre mais le soleil a vite réchauffé tout son petit monde. Le Bambou sacré resplendit de ses petites pépites écarlates…

La sarcocca embaume à en faire tourner la tête…

Les boutons de camélia gonflent, la bruyère s’épanouit…

…et le papillon doit s’imaginer que le printemps est là ! Ne devrait-il pas plutôt être en sommeil dans sa chrysalide ? Ou est-ce lui qui a raison : le printemps est arrivé !?