C’est l’automne, « chaque feuille est une fleur »

Non, l’automne n’est pas une saison triste. C’est aussi la saison du renouveau. « L’automne est un deuxième ressort où chaque feuille est une fleur », disait Camus.

Il y a un mois, le ruisseau étant encore à sec. Mais voilà, le miracle de l’automne s’est à nouveau produit même si l’on n’osait plus y croire ! L’eau coule à flots et la vie renaît. Et les troglodytes mignons (que j’espère un jour réussir à photographier) ne semblent pas perturbés…

Et pourtant le ruisseau est devenu torrent en quelques jours. Il fait le bonheur du martin-pêcheur qui remonte le courant au ras de l’eau mais il effraie les chats…

Ils se tiennent à distance du courant d’air et d’embruns mais c’est certainement le vacarme des chutes d’eau qui les impressionne le plus.

Et voilà qui repose, comme chaque année, la même question : comment aménager les rives d’un ruisseau sec en été et torrentueux quand vient l’automne ? Pour le moment, c’est du genre sauvage : fougères, lichens, jeunes résineux, spirées, herbes folles. Ce joyeux mélange se fond dans les feuillages de la belle saison mais en hiver, il devient bien triste…

Plan canicule 2020 (3)

Petit bilan de santé en ces premières semaines d’automne : qui a survécu à cet été torride ? Quelles plantes diviser ou bouturer en prévision de la prochaine canicule ?

Armoises, orpins et pérovskias

C’est le trio gagnant de l’été, avec les santolines et les népétas rampants. Problème : ça fait beaucoup de feuillages argentés tout cela…

L’Armoise arborescente ‘Powis Castle’, l’orpin, l

La mauve en arbre

Ce n’est pas ma préférée mais il faut reconnaître que le jardinier paresseux peut difficilement trouver mieux. Là, en terrain sec, avec un arrosage minimal, elle fleurit en continu. Près de la maison, dans un sol pollué par les chauffagistes, où toutes les plantes sont mortes, elle s’épanouit sans problème. Je vais en faire de nouvelles boutures, inratables, pour les coins les plus difficiles du jardin.

Vernonia

Repérées il y a trois ans au Jardin botanique de Nancy, triomphant de la sécheresse parmi des plantes desséchées, j’en ai planté trois souches et elles ne m’ont pas déçue. Elles forment un énorme massif de 2 mètres de haut à la floraison généreuse (comme celle de asters mais un peu plus précoce) et au feuillage insensible aux maladies. Cet automne, je vais faire une première tentative de division…

Vernonia crinita Mammuth

Immortelles

Bien nommées, car elles reviennent plus vigoureuses année après année, mais un peu décevantes tout de même car la fanaison est vraiment triste. Il faut donc les couper ras dès les premières pluies d’automne. C’est vrai pour l’Anaphalis margaritacea Neuschnee (photographiée avant la pluie à la mi-septembre) comme pour l’ Anaphalis triplinervis, ou Immortelle de l’Himalaya.

Anaphalis Margaritacea

Couleurs d’automne

Sous la garde de notre dernier canard (les autres, les vrais, ont fui les attaques des buses et des milans), le jardin a repris des couleurs : du vert sur la pelouse et toutes les nuances de l’or au rouge dans les feuillages.

Les hydrangeas, blanc Annabelle ou bleu Romance, résistent bien et l’érable du Japon tourne au grenat…

…quand l’hydrangea Koria est passé du bleu au rose.

Et, heureusement, les asters ont pris le relais des rosiers et des vivaces épuisés par la chaleur et la sécheresse.

Un jour de pluie au jardin

Un peu d’eau et, c’est magique comme l’alchemille, tout revit !

Même ceux qu’on n’espérait plus voir surgir se sont réveillés…

Et, comme toujours, l’angélique garde la tête haute.

Plan canicule 2020 (2)

Sur la pente qui mène à l’étang, on ne parle même plus de pelouse et on oublie les bordures de fleurettes variées. Pour affronter la prochaine canicule, j’ai planté un haie de sedum spectabile de chaque côté du sentier. Finalement, ce n’est pas plus mal : ils structurent déjà mieux cet espace et ce sera encore plus vrai durant l’hiver.

Comme les sedum se portent mieux que jamais sous ce nouveau climat, je vais en planter davantage en essayant tout de même de ne pas transformer tout le jardin en grande rocaille. D’abord, il serait intéressant de varier les couleurs, je vais approfondir mes recherches du côté de Nature Lupine et de sa visite du jardin d’Astrée.

https://jradinblog.wordpress.com/2019/09/01/asterman-vs-cornus-boy-le-jardin-dastrees-hs/

Dark beauty

Il y a des plantes qui demandent beaucoup de patience. Il a fallu attendre trois ans pour voir notre acanthe fleurir enfin ! Et puis il y a celles qui remontent le moral en n’attendant pas la prochaine saison pour s’épanouir. Cette ligulaire Dark beauty ramenée sous la canicule du Jardin des Panrées dans les Hautes-Vosges, éclaire déjà le bord du ruisseau d’un premier petit bouquet jaune d’or.

A bientôt pour une visite du Jardin des Panrées (jardin-et-objets.com)…

Le Jardin des Panrées au parcours jalonné d’objets ludiques ou poétiques.

Sage eupatoire pourpre

Si seulement cette Eupatorium maculatum ‘Atropurpureum‘, pouvait donner le ton à ses cousines sauvages ! Ces invasives échevelées mais peu colorées de plus de 2 mètres de haut n’en finissent pas de se multiplier dans toutes les coins du jardin. Et ce n’est pas la sécheresse qui les arrête. L’eupatoire pourpre, elle, reste sagement auprès de l’aruncus « barbe de bouc » au bord de l’étang. Ses ombelles roses intenses font le bonheur des papillons.

Eupatorium maculatum ‘Atropurpureum

Araignée du soir

Surprise pas vraiment agréable en tentant de redresser les orpins lourds de fleurs en boutons : cette araignée rayée et velue chargée d’une énorme corps blanc. En attente d’identification…

Araignée aux pattes rayées et velues en quête d’identité

Arlequins d’Italie

Elles viennent du Sud, les punaises arlequins d’Italie, dans leur livrée rayée rouge et noir. Et elles aiment la chaleur de l’été vosgien et le bleu des panicauts qu’elles ont colonisés en nombre.

Graphosome italien au chaud dans les panicauts.