Puisque les musées sont fermés…

Puisqu’il est interdit de visiter les musées, allons nous promener dans la forêt (tant que c’est encore autorisé) pour remonter le temps… et comprendre que nos politiques d’attractivité économique ne datent pas d’hier. Départ : entre Vittel et Darney, le village de Relanges, sa magnifique église romane du XIIème siècle ; son Bio Salon, rendez-vous annuel de l’agrobiologie ; son domaine forestier riche en patrimoine historique.

D’étangs en futaies, on découvre soudain, éblouissant dans la belle lumière de l’orée de la forêt, le château de Lichecourt. C’était la demeure de la famille de Thysac, des maîtres-verriers originaires de Bohême, qui fondèrent la verrerie de La Rochère en 1475, la plus ancienne verrerie d’Europe encore en activité.

Dès la fin du moyen-âge, les ducs de Lorraine ont compris les atouts de leur vaste forêt de Darney pour en « développer le territoire ».

Le verre était une production au fort potentiel mais très exigeante en matières premières.

Des ressources en abondance dans la forêt :

le sable, produit par l’érosion du grès,

le bois pour alimenter les fours,

la fougère pour absorber la potasse de la terre et abaisser la température de fusion du verre…

et de l’eau, de l’eau en abondance.

Les ducs font valoir ces atouts naturels et une sorte de « mieux-disant fiscal » auprès de familles de verriers de Bohême. En 1448, la charte des verriers les hisse au rang de « gentilshommes verriers ». Leurs activités ne cesseront de se développer jusqu’au XVIIème siècle avec près de 30 verreries sur le territoire.

Dans la verrerie de La Rochère, on travaille depuis cette époque glorieuse dans la grande tradition du verre pressé et du verre soufflé. On y pérennise la production de grands classiques (les verres aux abeilles inspirés de l’emblème de Napoléon) et on poursuit la création d’éléments d’architecture contemporaine dans la lignée des briques de verre promues par Le Corbusier.

Un froid de canard

Ces derniers jours, la température a oscillé entre -3° et -6°. Rien de bien rigoureux en comparaison avec le coup de froid qui s’est abattu sur la plaine des Vosges durant trois jours et trois nuits en janvier 2017. Quand nous avons compris ce qu’un « froid de canard » veut dire.

Le canard est insensible au froid. Jusqu’au jour où son espace vital se réduit au point d’en faire une proie facile pour les prédateurs. C’est ainsi qu’en janvier 2017, nos canards se sont envolés pour des eaux vives, sans doute pour la Saône à l’approche de Darney.

Nous en sommes restés inconsolables. Nous avions tant fait pour les protéger : une maison au centre de l’étang ; des fils électrifiés autour de l’étang gelé en hiver 2016, fils qui n’ont effrayé que le chat mais pas le renard…

des fils tendus au-dessus de l’étang et du ruisseau pour dissuader les rapaces d’attaquer durant la couvaison, un poulailler en surplomb sur l’étang…

tous ces aménagements n’ont pas suffi à protéger nos canards des attaques du milan royal et des buses, des « visites » du renard et des coups de froid.

Ils avaient pourtant vécu de beaux jours chez nous. Ce qui nous vaut quelques visites éclairs au printemps. Mais le canard a bonne mémoire, il sait que le site est généreux en nourriture mais vraiment trop risqué.

Reste Malcolm, un canard échappé des réserves de Moulinsart.

Les étranges créatures de Moulinsart

Grands brûlés

Comme en écho silencieux aux cris et craquements

des forêts d’Amazonie, de Californie, d’Australie,

l’artiste a mis à nu ses arbres aux veines asséchées.

Epurés, dénudés de leur émail pourtant voué à la craquelure,

ses arbres ont la beauté des pétrifiés,

la densité de la matière végétale transmuée en minérale.

Signé Ginet’ Heuraux, Atelier Raku, Monthureux-le-Sec

A visiter, en lisière de forêt de Darney : l’Atelier Raku

Un échassier bizarre

Le ruisseau s’est réveillé, les nénuphars se sont noyés et le héron est parti pêcher dans des eaux plus calmes et moins profondes.

C’est alors qu’un drôle d’oiseau est venu trouver refuge à l’orée de notre forêt…

Il semble avoir la taille et peut-être même l’envergure du héron cendré, le bec puissant en forme de poignard, les longues plumes du front peignées en arrière. Mais sa livrée est beaucoup plus exotique avec ce plastron aux plumes étranges…

Et ces frisottis seraient-ils une forme mutante de caroncules ?

Merci l’artiste, rebelle au regard bleu qui sait voir dans la branche tombée, le bout de ferraille abandonné, la vie qu’elle pourra y insuffler ; rebelle aux douces mains quand elle caresse une plume, une racine tortueuse, aux mains puissantes pour donner de l’élan jusqu’au vertige à ses créatures fantastiques…

Merci Martine, ton oiseau est à l’abri pour l’hiver, sous la bonne garde des chats.

Signé Martine Sauvageot.

2020

Pleins d’énergie comme notre voisin de la forêt de Darney, nos meilleurs voeux aux jardiniers amoureux de la terre, aux Sisyphe du désherbage, aux virtuoses du compostage, aux semeurs compulsifs, à tous ceux dont le coeur bat pour l’abeille qui butine, le moineau qui pépie, la petite martre qui se cache…

 © Fabrice Cahez

Merci à Fabrice Cahez de nous offrir le fruit de ses journées d’attente et de persévérance, merci de nous faire partager l’insaisissable, en photographie et en poésie.

Merci pour ses rencontres de Natur’images.

La forêt enchantée

En lisière de forêt de Darney, alors que les arbres se déplument, une autre forêt invite à regarder la nature autrement…

Le mois de décembre venu, chez Ginette Heuraux, s’illuminent une forêt de sapins en Raku, des chouettes et des hiboux… et d’étranges créatures…

Les chimères de Martine Sauvageot ont trouvé dans la « grange » de Monthureux-le-Sec un refuge apaisant. Les monstres hybrides en seraient presque rassurants…

Il faut dire qu’en « TERRA RAKU » , l’humeur est à l’harmonie. Les esprits des bois, des ruisseaux et des étangs y veillent…

Il ne reste plus que deux jours pour découvrir la poésie de Ginette Heuraux, de Martine Sauvageot et de leurs amis artistes et artisans à Monthureux-le-Sec, les 14 et 15 décembre.

Mais on pourra toujours aller voir Ginette au travail…

…ou rejoindre les apprentis, petits et grands, de son atelier !

Nancy : Jardin éphémère 2019

Sublime place Stanislas, toute d’harmonie et d’équilibre, éblouissante de la lumière de ses pierres et de son pavement. Pas de place pour le végétal si ce n’est les vasques de fleurs sculptées et les fontaines de rocaille encadrées des « portes d’or » de Jean Lamour. Le décor est toujours aussi spectaculaire pour le « jardin éphémère ». Cette année, les jardiniers de Nancy veulent, par l’éphémère, laisser leur « EMPREINTE » sur le visiteur.

L’ « empreinte » de Nancy, c’est d’abord l’art nouveau et les jardiniers ont choisi pour première source d’inspiration le monde d’Emile Gallé. Pas ses iris, ses ombellifères ou ses feuilles de gingko mais moins évident : le monde marin et ses motifs décoratifs comme « La Main aux algues et aux coquillages ».


Oursins ferrugineux et oursins méduses flottent entre l’eau et l’azur.
Les oursins luminescents au crépuscule
Une fontaine de verre pour Stanislas le Bienfaisant

L’ « empreinte » des jardiniers de Nancy se veut aussi écologique, bien sûr : tout Nancy a été invité à participer à la collecte du verre. On le retrouve dans la bordure ajourée qui délimite le jardin aquatique créé autour de la statue du bon roi Stanislas.

Empreinte écologique de la déforestation traduite en un jardin de braises et de cendres autour de quelques survivants. Tristes tropiques…

« Empreinte » digitale et ligne de vie. Comme Madame Irma, les jardiniers sont allés chercher l’inspiration dans la paume de la main.

Belle métaphore en racines, en tiges, en feuilles et en fleurs : des lignes de vie qui dessinent le jardin.

Ligne de vie
Dahlias flottant
Symphonie en bleu

https://www.tourisme-lorraine.fr/a-voir-a-faire/agenda/737005238-jardin-ephemere-nancyardin éphémère

Scintillements

C’est dans la Forêt de Darney qu’est née la verrerie de Passavant-la-Rochère. La plus ancienne verrerie encore en fonction après cinq siècles de production et de création. A côté de l’usine, une galerie d’art pour des artistes-verriers en résidence et… un jardin japonais. Tout y est légèreté : les feuillages des érables, les bambous, les libellules et le scintillement des lentilles de verre de couleur en suspension sur le petit étang.

Lentilles de verre multicolores en suspension sur l’étang du jardin japonais de la verrerie de Passavant-la-Rochère.

La verrerie de Passavant-la-Rochère : http://www.larochere.com