Quand même l’herbe vient à manquer

Trois vaches ont le privilège de pâturer aux portes de notre jardin (alors que des centaines de leurs congénères sont assignées à résidence). Cependant, le pré devenant de plus en plus indigeste, la plus hardie des trois a trouvé une faille dans la clôture. En toute logique, l’herbe du fossé devrait être plus tendre. Desséchée là aussi.

Elle s’est alors retrouvée devant notre portail grand ouvert, plein de promesses, d’où elle n’a jamais vu sortir que des gens sympathiques. Toujours un bonjour, toujours un mot gentil. Arrivée à notre perron, la déception a dû être grande, l’herbe y est encore plus rare que dans le pré…

Peut-être plus haut…

Les feuilles du grand hêtre pleureur craquent eux aussi sous la dent…

La curiosité l’a menée vers le pont de John, quelques branches de lonicera nitida l’en ont heureusement détournée.

Une traversée du jardin des moines avec de gracieuses et très précises marches arrière à l’approche du bassin aux grenouilles, et c’est ainsi qu’après une visite toute en délicatesse, elle s’en est retournée chez ses soeurs.

La révolte des hérons

Le héron, « notre » héron, ne nous aime pas. Dès le premier jour, il nous l’a bien fait comprendre par des cris très désagréables, « rapeux et gutturaux » disent les experts de la langue des oiseaux*. On a bien compris le message, maintes fois répété, et on se fait discrets, surtout le matin, son heure préférée pour pêcher dans l’étang.

Cependant, depuis quelques jours, il y a de l’hostilité dans l’air. Il vole et se pose de plus en plus près de la maison. Il a même simulé une trajectoire directement ciblée sur ma personne alors que j’étais au pied de la terrasse. Visait-il le chat, comme le suggère Malyloup ? Pas sûre du tout.

Et voilà que deux autres hérons, plus petits, peut-être les rejetons de notre échassier géant, viennent à leur tour nous narguer. L’un se pose sur la branche de l’épicéa à quelques mètres de la baie du salon, l’autre se perche sur les rosiers avec vue imprenable sur le bassin aux grenouilles.

Au moindre mouvement, les cris reprennent, « croassements rudes et éraillés ». Comme toujours, c’est le plus fort qui a finalement raison. Notre grand héron a réussi à effrayer tout l’entourage pour défendre son garde-manger.

De toute évidence, c’est l’état d’urgence pour lui aussi. La sécheresse a limité ses territoires de pêche et il passe des heures entières dans notre étang… dont le niveau n’en finit pas de baisser.

* Pour la leçon de vocabulaire ornithologique (et bien davantage) : oiseaux.net

Une idée de l’infini

Ca brûle du Sud au Nord, de l’Est à l’Ouest mais cela n’a pas refroidi une centaine de héros de l’asphalte pour se lancer dans le 44e Rallye de la Plaine des Vosges. 134,384 km de pollution atmosphérique et sonore autour de Mirecourt, pauvre cité des luthiers assourdie par les pétarades des bolides.

Un peu plus haut dans les Vosges, dont le piémont a des allures d’Andalousie, le défi était de franchir en moto 80 mètres dans au moins 50 cm de boue avec seulement 25 mètres d’élan !

De beaux titres pour la presse régionale qui laissent les écologistes muets, trop préoccupés par le sexe des anges.

« La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini », disait Renan. Plus clairvoyant, Schiller annonçait la fin de l’histoire : « Gegen Dummheit kämpfen Götter selbst vergebens* » …

*Contre la bêtise, même les dieux combattent en vain »

Alerte orange

Alerte orange sur les Vosges. Ca ne devrait pas virer au rouge, grâce à la fraîcheur nocturne, mais les vieux hortensias souffrent. Les plantations anti-canicule de l’automne 2019 (glycines et chèvrefeuilles) ne sont pas encore de taille à assurer leur protection. Il a fallu déployer la grand’ voile…

Et nous, pauvres humains qui avons perdu tout bon sens, nous nous fions à l’infaillible instinct des chats pour organiser nos journées.

Les chats qui ne mettent pas une patte dehors entre 10 et 18 heures et qui, même dans la fraîcheur du soir, économisent leurs forces.

Regretté Victor…

« C’est une triste chose de songer que la Nature parle et que le genre humain ne l’écoute pas. »

Victor Hugo, « Carnets », 1870

Hortensias trentenaires placés sous haute protection en attendant qu’une couverture végétale s’installe… et les aide à résiste aux prochains étés…

Toujours frais !

A voir ses grandes feuilles charnues, ce vert tendre comme celui de jeunes pousses printanières, on n’imaginerait pas que cet hosta puisse survivre à la canicule. Tout aussi étonnantes, ses grandes fleurs blanches se sont épanouies et tiennent le choc des 35° depuis plusieurs jours.

C’est sûr qu’elles dureront plus longtemps à la mi-ombre des hydrangéas mais, même au soleil, elles se tiennent bien. Autant dire qu’elles seront les premières à donner des boutures…

L’Hosta plantaginea grandiflora exhale un délicieux parfum, entre fleur d’oranger et fleur de lis. Mais ce n’est pas pour cette raison que les Anglais l’appellent « lis plantain ». C’est la forme de ses feuilles aux nervures parallèles qui rappelle le plantain, herbe sauvage aux multiples vertus, hormis la prestance et la fragrance.

Catastrophe naturelle

Heureusement, il pleuvait fort. Une pluie tant attendue pour reverdir la pelouse et la forêt. Heureusement, car il était 7 heures 30, l’heure de faire le tour complet du jardin en compagnie des deux chats. Et c’est à cette heure qu’une énorme déflagration s’est fait entendre. Craquement ou explosion ? La réponse est arrivée en quelques secondes.

Un grand hêtre à l’orée de la forêt s’est fendu sur toute la longueur de son tronc et la moitié s’est effondrée de toute sa ramure dans l’étang. Faut-il que la forêt soit fragilisée pour qu’un géant pareil rompe sous le poids de la pluie…

Seule consolation, il n’a pas renversé la clôture. En revanche, le cornus kousa, l’érable du Japon, la grande eupatoire pourpre et quelques autres sont déclarés disparus…

Plan canicule 2020 (5)

On s’en doutait, mais tout de même… 45 jours de soleil radieux, 45 jours de sécheresse sur les Vosges ! Les préparatifs pour affronter une nouvelle canicule ont commencé dès l’été dernier en multipliant les coins ombragés mais la terre est terriblement sèche et nous ne sommes qu’en avril.

Oyas « faits maison ».

J’ai suivi les conseils de Ben qui rappelle la technique ancestrale des oyas et les économies d’eau qu’elle permet. L’eau que l’on verse dans le pot enterré se diffuse très lentement à travers la terre cuite dans la profondeur du sol. Je l’ai adaptée façon « récup » en collant ensemble deux pots en terre cuite.

Pas toujours évident à enterrer dans un terrain riche en gros cailloux mais les premiers résultats sont encourageants. Autour des premiers oyas plantés il y a dix jours, les vivaces se développent plus vite !

Les oyas de Ben : https://autonomiejardin.com/category/arroser/

Plan canicule 2020 (4)

L’été 2018 déjà, nos hortensias avaient triste mine, des hortensias trentenaires qui faisaient la fierté des anciens propriétaires . Cette année, le mois de juin a passé ce mur de fleurs au gril. Pas question de déplacer cet alignement d’arbustes devenus imposants et aux racines entremêlées, refuge des rouges-gorges et de toute une faune invisible qui échappe même aux chats.

Même en lisère de forêt, cette bordure exposée à l’Est ne supportera pas une canicule de plus. La solution, espérons-le, est de leur faire de l’ombre. Ils auront donc une pergola de branches de saules qui va se couvrir de glycines et de chèvrefeuilles.

Et, au milieu du jardin de moines, encore de l’ombre, avec une treille qui va se couvrir de rosiers lianes : American Pillar et New Dawn. Et peut-être que les clématites daigneront enfin pousser en si bonne compagnie…

Plan canicule 2020 (3)

Petit bilan de santé en ces premières semaines d’automne : qui a survécu à cet été torride ? Quelles plantes diviser ou bouturer en prévision de la prochaine canicule ?

Armoises, orpins et pérovskias

C’est le trio gagnant de l’été, avec les santolines et les népétas rampants. Problème : ça fait beaucoup de feuillages argentés tout cela…

L’Armoise arborescente ‘Powis Castle’, l’orpin, l

La mauve en arbre

Ce n’est pas ma préférée mais il faut reconnaître que le jardinier paresseux peut difficilement trouver mieux. Là, en terrain sec, avec un arrosage minimal, elle fleurit en continu. Près de la maison, dans un sol pollué par les chauffagistes, où toutes les plantes sont mortes, elle s’épanouit sans problème. Je vais en faire de nouvelles boutures, inratables, pour les coins les plus difficiles du jardin.

Vernonia

Repérées il y a trois ans au Jardin botanique de Nancy, triomphant de la sécheresse parmi des plantes desséchées, j’en ai planté trois souches et elles ne m’ont pas déçue. Elles forment un énorme massif de 2 mètres de haut à la floraison généreuse (comme celle de asters mais un peu plus précoce) et au feuillage insensible aux maladies. Cet automne, je vais faire une première tentative de division…

Vernonia crinita Mammuth

Immortelles

Bien nommées, car elles reviennent plus vigoureuses année après année, mais un peu décevantes tout de même car la fanaison est vraiment triste. Il faut donc les couper ras dès les premières pluies d’automne. C’est vrai pour l’Anaphalis margaritacea Neuschnee (photographiée avant la pluie à la mi-septembre) comme pour l’ Anaphalis triplinervis, ou Immortelle de l’Himalaya.

Anaphalis Margaritacea