Où sont passées les grenouilles ?

On en comptait plus d’une vingtaine ces dernières semaines mais, depuis quelques jours, les grenouilles se font très discrètes dans leur petit bassin. Camouflées sous les feuilles de nénuphars pour se protéger des prédateurs ? Il est vrai que le héron et le martin-pêcheur ont repris leurs visites quotidiennes avec le retour de la sécheresse…

Mais il ne faut jamais lancer des accusations trop hâtives. Ce matin, la présumée coupable ne venait pas du ciel.

La couleuvre à collier ondulait pleine de grâce à la lenteur de qui se sent sûr de son pouvoir sur son nouveau royaume.

Petit espoir du soir : deux grenouilles tentent de gober de toutes jeunes libellules. La couleuvre doit avoir regagner la terre ferme, faisant basculer au passage une des îles flottantes aux plantes purifiantes.

Espérons qu’elle soit plus sage que les humains et qu’elle sache contrôler son appétit car :

Les couleuvres à collier se nourrissent essentiellement de grenouilles et de crapauds, mais aussi de tritons, de salamandres, de larves d’amphibiens et parfois de poissons. Cette chasseuse agile ne fait pas dans la dentelle: elle engloutit ses proies vivantes. Le serpent fait avancer alternativement ses mâchoires très mobiles. Il conduit ainsi sa proie toujours plus profondément dans son gosier. La grenouille ne se laisse pas faire si facilement. Elle se gonfle d’air pour se défendre. La couleuvre y remédie en engloutissant généralement grenouilles et crapauds par l’arrière du corps, expulsant ainsi l’air par la gueule de sa proie. (Pronatura.ch)

Merci aux visiteurs

Merci aux visiteurs venus au rendez-vous du printemps 2026 ! Avant cette parenthèse météo miraculeuse, pluies et orages avaient laissé le jardin ébouriffé autour du bassin des grenouilles, hirsute sur la rive ensoleillée de l’étang. Ils n’y ont vu que poésie. Merci de leurs émerveillements, de l’attention portée sur les floraisons les plus spectaculaires comme sur les plus subtiles . « L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité » , disait Christian Bobin à qui je dédie cette page.

Poivre de Chine ou coriandre des bois

Un bout de ciel, un arbre, un oiseau. C’est assez pour être heureux. Le reste est superflu.

Heureux mariage d’un Deutzia gracilis et d’un rhododendron blanc

Les fleurs ne nous laissent pas tomber. Elles sont de courtes phrases de lumière qui apaisent le coeur.

Le génie de la nature est de faire de grandes choses avec des riens. Une rose est une merveille qui ne s’explique pas, elle se regarde.

Cueilleuse ou prieuse ? Martine Sauvageot

« La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie. »

Danser sous la pluie, c’est cultiver son jardin, ses roses et ses pivoines. C’est aussi créer de ses mains, sculpter des coquelicots, faire briller des feuilles de ginkgo en éclats de verre, modeler la matière de riches étoffes ou les mettre en lumière

Ou raconter des histoires…

Alixe Sylvestre dédicaçant son roman « L’auberge d’Eleni » (Ed. ETT)

J -30 avant l’ouverture du jardin

Après des semaines de journées quasi estivales et de nuits glacées, après des semaines de sécheresse, la pluie est arrivée. Une pluie généreuse qui devrait annoncer un mois de juin généreux en feuillages et en fleurs pour le rendez-vous au jardin !

Mise à l’eau

A quarante jours de l’ouverture du jardin, il est temps que le bassin aux grenouilles s’offre une cure purificatrice. Une île aux plantes filtrantes devrait éclaircir l’eau des nénuphars, du moins on l’espère…

Les plantes filtrantes purifient l’eau en absorbant les nutriments qui alimentent les algues. Iris jaune (Iris Pseudacorus), acore panaché (Acorus Calamus Variegatus), crassule recourbée (Crassula Recurva), myriophyllum (Myriophyllum Brasiliensis), les plantes à tige haute purifient l’eau par leurs racines, les espèces rampantes absorbent les nutriments à la surface.

Rendez-vous au jardin les 6 et 7 juin pour apprécier les premiers résultats…

Esprits de la forêt

Esprits de la forêt qui ne craignez 
ni le cerf qui brame à vos pieds,
ni les cris de la chouette effraie,
veillez sur les coeurs purs,
maudissez les âmes noires.

J +1 Les chats reprennent le pouvoir

J +1, retour au calme après les vagues de visiteurs (merci Vosges Matin !). Ce fut une grande joie de partager le jardin et ses floraisons, de faire découvrir les créations des artisans d’art. C’est aussi un bonheur de redécouvrir notre petit univers en compagnie des chats, des oiseaux et du chant du ruisseau.

Sambucus nigra, le jeune sureau noir mêle ses premières enflorescences roses aux fleurs de Gertru Jekill…

Premières notes de bleu, prometteuses aux confins du potager abandonné…

Dans l’ombre du sous-bois, au bout de l’étang, le rhododendron prolonge sa floraison.

Portes ouvertes J-7

Durant de longs mois de deuil et d’abandon, la forêt a tenté de reprendre possession du jardin. Les taupes et les campagnoles amphibies aussi. Les graminées et les fleurs sauvages ont envahi le potager pour le grand bonheur des mésanges, des fauvettes et des chardonnerets, plus mélodieux que jamais. Plus qu’une petite semaine pour terminer le grand nettoyage et rendre au jardin ses lignes et ses couleurs.

Work in progress : un Hostas Crescent dont le dessin demande encore à affirmer le tracé…

Première assistante jardinière, satisfaite du défrichage de sa plate-bande préférée : le rouge lui va si bien.

Sur le circuit Pigment’ T

Chaque premier week-end de juin, l’association Pigment’T organise un circuit de découverte des ateliers d’artistes du département des Vosges. Cette année, Un jardin en forêt de Darney et l’atelier de luminaires Lazuli Biloba à Senonges ont étendu le réseau Coté Sud-Ouest vosgien en accueillant des artistes venus de diverses communes de la Plaine.

Bernard Defer, potier et céramiste (Senonges), est toujours en quête des origines, dans ses pièces « Genèse » comme dans ses graines et semences. Une recherche qu’il exprime dans différentes techniques : terre enfumée, terre sigilée ou engobe émail.

« Genèse », Bernard Defer

Anik George, venue de Trémonzey avec ses gnomes délicatement sculptés dans le bois vrillé par le chèvrefeuille. Cette sculptrice délicate s’est retrouvée en parfaite harmonie avec l’esprit de la forêt.

Anik George et ses gnomes

Roselyne Norroy, céramiste Raku, est venue de Saint-Genest avec ses « Affranchies ». Ces élégantes silhouettes en mouvement témoignent de ses recherches entre stylisme et sculpture, de son travail des textures à partir des textiles.

Roselyne Norroy et ses « Affranchies »

Oxana Serra. Dans son atelier de Remoncourt, Maison Watteau, la créatrice de meubles design conjugue les matières naturelles, le confort et l’élégance. La chaleur du bois, la douceur de la laine… comme un rêve dans un chalet des Hautes-Vosges…

Oxana Serra, Maison Watteau

Martine Sauvageot (Monthureux-le-Sec) étonne toujours avec ses étranges créatures façonnées dans des matériaux insolites. « La sentinelle », une tête de sanglier à lunettes, a fait tout son effet.

Martine Sauvageot et sa Sentinelle

Lise Gin. Tout imprégnée de la tradition et de la culture textiles de sa ville natale, Thaon-les-Vosges, Lise Gin magnifie les beaux et solides tissus d’ameublement dans une maroquinerie originale, du petit sac à main au grand sac de voyage. Pas de quoi se laisser impressionner par les « bestioles » de Métaleau…

Métaleau, c’est l’atelier de métallerie insolite de Jerry Braford à Fontenoy-le-Château. On y trouve des insectes, des lézards, des salamandres, des araignées géantes, des fleurs gigantesques dont les pétales ont brillé dans le sous-bois mais aussi des créations plus fonctionnelles comme des braseros ou des escaliers.

Métaleau, le combat des cheffes

Danielle et John Farrow, les hôtes et jardiniers, remercient leurs visiteurs pour leur enthousiasme et leurs dons à l’Association Crins blancs, l’écurie-retraite de Relanges.

Lu dans le journal

Heureusement, la presse en parle. Car ces grandes invasions nous ont laissés épuisés. Comme des ermites de retour d’un stage d’immersion en plein Paris. Epuisés mais heureux d’avoir partagé les pivoines et les roses, le ruisseau et ses cascades, les fraises sauvages et le chant des grenouilles. Heureux d’avoir fait connaître des artistes et des artisans sincères.

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Erratum : C’étaient Danielle & John qui ont accueilli les artistes ! La preuve :

Mais encore :

J -7 Into the wild

L’entendez-vous ? Enfin, cette année, nos visiteurs pourront suivre le ruisseau en pleine activité, de cascade en cascade. Et s’ils s’aventurent à traverser le pont, ils découvriront le jardin côté sauvage. Les rhododendrons, les azalées, les bruyères, les hostas ont commencé à habiter la rive mais ils ne sont pas seuls…

Rendez-vous les 1, 2 et 3 juin !