Résilience

Une nuit de pluie — inespérée — et la vie renaît. Une brume matinale s’étire à l’orée de la forêt. Les grenouilles qui se faisaient silencieuses lâchent quelques timides coassements. Le martin-pêcheur ne sait plus où donner du bec. Les pics redoublent d’activité… et le héron refuse toujours de se laisser photographier.

Orée de forêt entre Vittel et Darney

La pelouse commence déjà à reverdir et des plantes qu’on croyait moribondes se redressent. Mais le rebond le plus glorieux est celui des rosiers (à condition de ne pas regarder le feuillage).

Rosier Queen Elisabeth ?
Rosier grimpant André LeNôtre

Retour à l’équilibre

Après la catastrophe, on va pouvoir tourner la page. Les bûcherons ont fait le ménage. Dans l’étang et sur la berge, où l’on a trouvé deux miraculés : le cornus kousa ‘Venus’ apparemment intact, quoique un peu chiffonné, et le jeune érable du Japon pourpre, au tronc légèrement éraflé.

Et, sous l’oeil vigilant de leur beau gardien…

…ils ont procédé à l’ébranchage et l’abattage du géant

Le cornus kousa est replanté ainsi que le petit érable blessé. Pour une bonne cicatrisation, on nous conseille de lui appliquer un mastic maison, mélange d’argile et de cendres de bois. A suivre…

Catastrophe naturelle

Heureusement, il pleuvait fort. Une pluie tant attendue pour reverdir la pelouse et la forêt. Heureusement, car il était 7 heures 30, l’heure de faire le tour complet du jardin en compagnie des deux chats. Et c’est à cette heure qu’une énorme déflagration s’est fait entendre. Craquement ou explosion ? La réponse est arrivée en quelques secondes.

Un grand hêtre à l’orée de la forêt s’est fendu sur toute la longueur de son tronc et la moitié s’est effondrée de toute sa ramure dans l’étang. Faut-il que la forêt soit fragilisée pour qu’un géant pareil rompe sous le poids de la pluie…

Seule consolation, il n’a pas renversé la clôture. En revanche, le cornus kousa, l’érable du Japon, la grande eupatoire pourpre et quelques autres sont déclarés disparus…

Un plan, enfin !

Pour les visiteurs qui se perdent dans notre jardin, voici une ébauche de plan et quelques vues élargies. Ruisseau, étang, massifs, bordures, arbres et arbustes isolés… occupent un terrain de 8 000 m², long d’environ 110 mètres. Ce qui brouille les repères, c’est qu’il est aménagé sur trois niveaux. Dans un passé dont il ne reste malheureusement que peu de traces, il y avait là l’un des nombreux moulins à eau qui alimentaient les manufactures, les villes et les villages de la plaine des Vosges.

Au centre du terrain, la maison (adossée à l’ancienne maison du meunier) : les 4 coins coïncident avec les 4 points cardinaux. L’entrée est orientée à l’Est Sud-Est, côté orée du bois. Les trois autres côtés sont cernés par la Forêt de Darney.

Niveau 0 côté Est

Au niveau 0 : le portail, l’allée d’épicéas, la maison et une grande terrasse gazonnée qui la contourne jusqu’au ruisseau ;

Au bout de l’allée d’épicéas, arrivés à la cour gravillonnée, on tourne à gauche sous l’arche de la glycine pour arriver à la grande terrasse qui entoure la maison.

De la terrasse, un escalier donne accès au niveau -1 aménagé en jardin de moines (plutôt que de curé, étant donné l’isolement du lieu).

Niveau 0 côté Sud

En poursuivant, on contourne la maison, toujours en terrain plat, puis une côte mène à l’étang en passant sous la ramure du grand hêtre pleureur.

Massifs de vivaces et de rosiers aménagés côté Sud
Au bout de la pelouse, entre le tilleul et un massif de rhododendrons, skimmias, hydrangeas et autres hostas, on accède au petit pont pour traverser le ruisseau.

A suivre avec la visite des niveaux -1 et +1…

Where are the bluebells ?

Comme chaque printemps, John se prend un petit coup de nostalgie pour son Angleterre natale. Il semble que pour un Anglais, il n’est pas de mois de mai sans « bluebells ». Sans ces tapis de jacinthes des bois, comme des nappes de brumes bleues flottant dans les sous-bois.

Et pourtant, notre sous-bois ne manque pas de charme. Certes, il est moins romantique, mais l’ail des ours éclaire bien joliment les bords du ruisseau de nappes de brume blanche…

Il n’a pas le parfum du muguet mais il est prometteur de belles saveurs et de santé (à condition de ne pas confondre ses feuilles avec celles du muguet qui sont hautement toxiques).

Et pour faire plaisir à John et me souvenir de mes promenades en forêt de Soignes dans ma Belgique natale ou en forêt de Compiègne (de somptueuses hêtraies), le magnifique sous-bois de Hallerbos près de Bruxelles.

Hallerbos, près de Bruxelles. Photo AFP.

Cristaux de neige

Pourquoi les hommes adorent-ils davantage les chimères abstraites que la beauté des cristaux de neige ?

Sylvain Tesson, « Dans les forêts de Sibérie ».

Loin de la Sibérie de Sylvain Tesson, l’adoration n’a duré que quelques minutes…

2020

Pleins d’énergie comme notre voisin de la forêt de Darney, nos meilleurs voeux aux jardiniers amoureux de la terre, aux Sisyphe du désherbage, aux virtuoses du compostage, aux semeurs compulsifs, à tous ceux dont le coeur bat pour l’abeille qui butine, le moineau qui pépie, la petite martre qui se cache…

 © Fabrice Cahez

Merci à Fabrice Cahez de nous offrir le fruit de ses journées d’attente et de persévérance, merci de nous faire partager l’insaisissable, en photographie et en poésie.

Merci pour ses rencontres de Natur’images.

La forêt enchantée

En lisière de forêt de Darney, alors que les arbres se déplument, une autre forêt invite à regarder la nature autrement…

Le mois de décembre venu, chez Ginette Heuraux, s’illuminent une forêt de sapins en Raku, des chouettes et des hiboux… et d’étranges créatures…

Les chimères de Martine Sauvageot ont trouvé dans la « grange » de Monthureux-le-Sec un refuge apaisant. Les monstres hybrides en seraient presque rassurants…

Il faut dire qu’en « TERRA RAKU » , l’humeur est à l’harmonie. Les esprits des bois, des ruisseaux et des étangs y veillent…

Il ne reste plus que deux jours pour découvrir la poésie de Ginette Heuraux, de Martine Sauvageot et de leurs amis artistes et artisans à Monthureux-le-Sec, les 14 et 15 décembre.

Mais on pourra toujours aller voir Ginette au travail…

…ou rejoindre les apprentis, petits et grands, de son atelier !

Merci à la salamandre

Comme les cèpes et les coulemelles qui se ramassent par kilos, les salamandres sortent de leur cachette. En voici une qui veille la nuit sur les boutures et les jeunes pousses.

Salamandre tachetée

Un jour de pluie au jardin

Un peu d’eau et, c’est magique comme l’alchemille, tout revit !

Même ceux qu’on n’espérait plus voir surgir se sont réveillés…

Et, comme toujours, l’angélique garde la tête haute.