Voyage immobile

Discrets en bordure du ruisseau, ils éblouissent qui s’en approche et se laisse emporter dans leur troublante floraison. Dans l’ombre du sous-bois, ‘Blue Bird’ vibre de l’éclat de ses fleurs épanouies autour de minuscules pépites d’améthyste.

Dans le fond, un hydrangea ‘Phantom’ qui devrait prendre de la hauteur et donner de grandes fleurs blanc rosé… mais qui s’économise durant la sécheresse.

A l’avant-plan, un petit buisson ‘Hayes Starburst’ aux fleurs doubles passant du vert au blanc crème.

J’imagine le voyage. Ces hydrangéas sont les descendants plus ou moins directs d’ancêtres nés sur le flanc des montagnes du Japon. Un pays où l’on sait les vénérer. Au rythme de leur floraison, on y organise des festivals, entre cérémonie du thé et concert, on y concourt pour la plus belle photo, le plus bel « Haiku ».

Hirondelle et hortensia, Holusai

Dès l’époque de Nara (710-794), les poètes japonais célébraient l’hortensia pour ses fleurs magiques et jusqu’au XIXème siècle, les samouraïs voyaient en elles un symbole d’immortalité.

Yosa Buson

Mais c’est sans doute l’instabilité de leurs couleurs, des blancs qui tournent au rouge cramoisi, des bleus au rose, qui doit sans doute le plus toucher les Japonais, la beauté de l’éphémère. Même si le tsunami doit tout emporter, il faut continuer à cultiver son jardin comme s’il devait être éternel…