Merci aux visiteurs venus au rendez-vous du printemps 2026 ! Avant cette parenthèse météo miraculeuse, pluies et orages avaient laissé le jardin ébouriffé autour du bassin des grenouilles, hirsute sur la rive ensoleillée de l’étang. Ils n’y ont vu que poésie. Merci de leurs émerveillements, de l’attention portée sur les floraisons les plus spectaculaires comme sur les plus subtiles . « L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité » , disait Christian Bobin à qui je dédie cette page.
Poivre de Chine ou coriandre des bois
Un bout de ciel, un arbre, un oiseau. C’est assez pour être heureux. Le reste est superflu.
Heureux mariage d’un Deutzia gracilis et d’un rhododendron blanc
Les fleurs ne nous laissent pas tomber. Elles sont de courtes phrases de lumière qui apaisent le coeur.
Claire Policella (Les papiers de Claire)Alixe Sylvestre, romancière
Le génie de la nature est de faire de grandes choses avec des riens. Une rose est une merveille qui ne s’explique pas, elle se regarde.
Cueilleuse ou prieuse ? Martine Sauvageot
« La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie. »
Danser sous la pluie, c’est cultiver son jardin, ses roses et ses pivoines. C’est aussi créer de ses mains, sculpter des coquelicots, faire briller des feuilles de ginkgo en éclats de verre, modeler la matière de riches étoffes ou les mettre en lumière
Les papiers de ClaireEclats de verre – Michèle CourteauxLise GInLazuli Biloba
Ou raconter des histoires…
Alixe Sylvestre dédicaçant son roman « L’auberge d’Eleni » (Ed. ETT)
Après des semaines de journées quasi estivales et de nuits glacées, après des semaines de sécheresse, la pluie est arrivée. Une pluie généreuse qui devrait annoncer un mois de juin généreux en feuillages et en fleurs pour le rendez-vous au jardin !
A quarante jours de l’ouverture du jardin, il est temps que le bassin aux grenouilles s’offre une cure purificatrice. Une île aux plantes filtrantes devrait éclaircir l’eau des nénuphars, du moins on l’espère…
Les plantes filtrantes purifient l’eau en absorbant les nutriments qui alimentent les algues. Iris jaune (Iris Pseudacorus), acore panaché (Acorus Calamus Variegatus), crassule recourbée (Crassula Recurva), myriophyllum (Myriophyllum Brasiliensis), les plantes à tige haute purifient l’eau par leurs racines, les espèces rampantes absorbent les nutriments à la surface.
Rendez-vous au jardin les 6 et 7 juin pour apprécier les premiers résultats…
Dans la noirceur de l'hiver renaît la grande férule promesse de justice
La férule de la justice frappera-t-elle les nouveaux barbares ? La belle Ferula communis fleurira-t-elle cette année ? Rien n’est moins sûr. Mais on peut rêver…
On peut rêver qu’en avril, la grande férule dressera sa belle architecture végétale aux allures de niwaki.
On peut rêver qu’en mai, elle déploiera ses grandes ombelles d’un jaune d’or éclatant.
La grande férule en majesté
Soleil des Hellènes
Délices des abeilles
Originaire du bassin méditerranéen mais résistante au froid comme à la sécheresse, la Grande Férule doit son nom à Pline l’Ancien, « ferula » signifiant en latin « la férule », « la cravache ». Sa tige sèche servait de baguette pour guider la lecture des élèves au tableau et, sans doute, à administrer quelques corrections.
Le département des Vosges est à l’image de notre jardin. Tout en relief pour faire chanter l’eau des rivières et des ruisseaux, les lacs et les étangs les apaisant entre deux cascades. Tout en verdure, entre forêts et herbages. Les visiteurs de notre jardin sont à l’image de ses habitants (même si beaucoup sont venus de plus loin) : gentillesse, discrétion, simplicité. Merci de leur accueil à l’image de cette belle « couverture médiatique ».
J +1, retour au calme après les vagues de visiteurs (merci Vosges Matin !). Ce fut une grande joie de partager le jardin et ses floraisons, de faire découvrir les créations des artisans d’art. C’est aussi un bonheur de redécouvrir notre petit univers en compagnie des chats, des oiseaux et du chant du ruisseau.
Sambucus nigra, le jeune sureau noir mêle ses premières enflorescences roses aux fleurs de Gertru Jekill…
Premières notes de bleu, prometteuses aux confins du potager abandonné…
Dans l’ombre du sous-bois, au bout de l’étang, le rhododendron prolonge sa floraison.
Durant de longs mois de deuil et d’abandon, la forêt a tenté de reprendre possession du jardin. Les taupes et les campagnoles amphibies aussi. Les graminées et les fleurs sauvages ont envahi le potager pour le grand bonheur des mésanges, des fauvettes et des chardonnerets, plus mélodieux que jamais. Plus qu’une petite semaine pour terminer le grand nettoyage et rendre au jardin ses lignes et ses couleurs.
Work in progress : un Hostas Crescent dont le dessin demande encore à affirmer le tracé…
Première assistante jardinière, satisfaite du défrichage de sa plate-bande préférée : le rouge lui va si bien.
Comme son nom le laisse deviner, l’ hydrangea, étymologiquement « vase d’eau », aime la pluie. Le botaniste qui a ainsi baptisé un spécimen venu de Virginie, pour ses petites capsules en forme de coupes, n’avait encore rien vu. Car la plupart des hydrangeas sont originaires d’Asie. Les Chinois les nomment « Fleur des huit immortels », huit divinités taoïstes luttant contre le mal. Ils font la splendeur des jardins de la région de Shanghaï depuis l’époque Ming.
Où l’on voit que l’image du « vase d’eau » ne rend pas justice à la grande variété d’inflorescences de la Fleur des huit immortels. Comme les panicules neigeuses de l’hydrangea ‘Early Sensation’…
Et les grandes inflorescences plates de l’hydrangea Koria…
Hydrangea Koria en début de floraison. Les petites fleurs centrales deviendront bientôt de petites pépites bleu saphir.
‘Blue Bird’ d’un bleu azur intense dès le départ de la floraison, une couleur toujours aussi insaisissable…