Notes de musc, de vanille et peut-être d’amande…

Dans la tiédeur du soir qui tombait, je perçus à l’approche d’un ruisseau une odeur puissante et très suave. Ces effluves inconnues envahissaient l’air plus frais à cet endroit et m’emplirent de bien-être. Il y avait là un mélange entêtant de musc et de vanille, d’amande aussi peut-être, avec une acidité menue qui en allégeait le parfum. Comment la nature pouvait-elle exhaler une aussi douce fragrance ?

Juste au bord du ruisseau se dressait en évidence une masse feuillue surmontée d’un fouillis vaporeux que l’obscurité naissante rendait indéfinissable. En m’approchant, je pus caresser de mes doigts une multitude de petites fleurs groupées au sommet de longues tiges raides.

Cette expérience fondatrice, François Couplan l’a vécue dans la Vôge, pas si loin de notre jardin. Dommage que le poète-instituteur qui lui a aussitôt la clé du parfum de la reine des prés ne soit plus là. J’aurais aimé qu’il nous apprenne l’art de mettre des mots sur les senteurs, à nous qui sommes devenus aussi pauvres en vocabulaire qu’en sensorialité.

Mais c’est déjà un grand plaisir d’écouter François Couplan, ethnobotaniste parler des plantes sauvages comestibles dans Le temps d’un bivouac

Trois parfums

Pourquoi n’est-ce pas toujours aussi facile ? Une division de pivoines de Chine, réputée lente à la reprise, a pris en seulement deux ans l’envergure et la générosité de la plante mère. Elle est soutenue par deux arbustes plantés dans le cadre de mon « plan canicule » 2020 : un seringat et un rosier rugueux chargés de « faire de l’ombre ». Mission accomplie, eux aussi ont pris une ampleur spectaculaire.

Mais que dire de leurs parfums ?

De la pivoine, de la rose et du seringat, lequel est le plus subtil ? Je donne ma langue au chat…

…à petit Poutou, le grand « nez » du jardin.

Il y aura du parfum pour la Saint-Valentin

Le Sarcococca confusa porte bien son nom. Il produit des fruits tout en bourgeonnant. Mais peu importe, son beau feuillage brille tout au long de l’année. Ses petites fleurs blanches restent très discrètes mais quel parfum ! Plus envoûtant que le jasmin en plein hiver !

Les baies roses qui sont apparues en été deviendront de grosses perles noires et brillantes cet hiver. Les fleurs blanches resteront toutes petites mais quelle fragrance ! Planté à la mi-ombre et à l’abri du vent au pied du perron de la maison, il a survécu à quelques journées de froid très rude. Pour lui tenir compagnie : un osmanthe et un nandina :

L’osmanthe et le nandina fleurissent comme ils n’ont jamais fleuri depuis leur plantation il y a cinq ans. Et, comme le sarcocca, ils ont bien résisté au froid, avec quelques jours de gelées sévères sous voile d’hivernage.