Merci aux visiteurs venus au rendez-vous du printemps 2026 ! Avant cette parenthèse météo miraculeuse, pluies et orages avaient laissé le jardin ébouriffé autour du bassin des grenouilles, hirsute sur la rive ensoleillée de l’étang. Ils n’y ont vu que poésie. Merci de leurs émerveillements, de l’attention portée sur les floraisons les plus spectaculaires comme sur les plus subtiles . « L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité » , disait Christian Bobin à qui je dédie cette page.
Poivre de Chine ou coriandre des bois
Un bout de ciel, un arbre, un oiseau. C’est assez pour être heureux. Le reste est superflu.
Heureux mariage d’un Deutzia gracilis et d’un rhododendron blanc
Les fleurs ne nous laissent pas tomber. Elles sont de courtes phrases de lumière qui apaisent le coeur.
Claire Policella (Les papiers de Claire)Alixe Sylvestre, romancière
Le génie de la nature est de faire de grandes choses avec des riens. Une rose est une merveille qui ne s’explique pas, elle se regarde.
Cueilleuse ou prieuse ? Martine Sauvageot
« La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie. »
Danser sous la pluie, c’est cultiver son jardin, ses roses et ses pivoines. C’est aussi créer de ses mains, sculpter des coquelicots, faire briller des feuilles de ginkgo en éclats de verre, modeler la matière de riches étoffes ou les mettre en lumière
Les papiers de ClaireEclats de verre – Michèle CourteauxLise GInLazuli Biloba
Ou raconter des histoires…
Alixe Sylvestre dédicaçant son roman « L’auberge d’Eleni » (Ed. ETT)
Chaque premier week-end de juin, l’association Pigment’T organise un circuit de découverte des ateliers d’artistes du département des Vosges. Cette année, Un jardin en forêt de Darney et l’atelier de luminaires Lazuli Biloba à Senonges ont étendu le réseau Coté Sud-Ouest vosgien en accueillant des artistes venus de diverses communes de la Plaine.
Bernard Defer, potier et céramiste (Senonges), est toujours en quête des origines, dans ses pièces « Genèse » comme dans ses graines et semences. Une recherche qu’il exprime dans différentes techniques : terre enfumée, terre sigilée ou engobe émail.
Anik George, venue de Trémonzey avec ses gnomes délicatement sculptés dans le bois vrillé par le chèvrefeuille. Cette sculptrice délicate s’est retrouvée en parfaite harmonie avec l’esprit de la forêt.
Roselyne Norroy, céramiste Raku, est venue de Saint-Genest avec ses « Affranchies ». Ces élégantes silhouettes en mouvement témoignent de ses recherches entre stylisme et sculpture, de son travail des textures à partir des textiles.
Oxana Serra. Dans son atelier de Remoncourt, Maison Watteau, la créatrice de meubles design conjugue les matières naturelles, le confort et l’élégance. La chaleur du bois, la douceur de la laine… comme un rêve dans un chalet des Hautes-Vosges…
Martine Sauvageot (Monthureux-le-Sec) étonne toujours avec ses étranges créatures façonnées dans des matériaux insolites. « La sentinelle », une tête de sanglier à lunettes, a fait tout son effet.
Lise Gin. Tout imprégnée de la tradition et de la culture textiles de sa ville natale, Thaon-les-Vosges, Lise Gin magnifie les beaux et solides tissus d’ameublement dans une maroquinerie originale, du petit sac à main au grand sac de voyage. Pas de quoi se laisser impressionner par les « bestioles » de Métaleau…
Métaleau, c’est l’atelier de métallerie insolite de Jerry Braford à Fontenoy-le-Château. On y trouve des insectes, des lézards, des salamandres, des araignées géantes, des fleurs gigantesques dont les pétales ont brillé dans le sous-bois mais aussi des créations plus fonctionnelles comme des braseros ou des escaliers.
Danielle et John Farrow, les hôtes et jardiniers, remercient leurs visiteurs pour leur enthousiasme et leurs dons à l’Association Crins blancs, l’écurie-retraite de Relanges.
Gertrude Jekill, Madame David Austin, Queen Elizabeth sont prêtes. Les pivoines vont sortir de leurs cages et les artistes vont commencer à s’installer jusque sur les rochers du ruisseau :
les sculptures de crin de Fabrice Po, les chimères de Martine Sauvageot,
les cocons, semences et autres céramiques de Bernard Defer,
les créations en raku de Ginette Heuraux et en terre fumée de Roselyne Norroy,
le jardin secret éclairé des lumières végétales de Lazuli Biloba et des invitations au voyage de Lise Gin…
Et, si le soleil ne se fait pas trop brûlant, encore quelques fleurs de glycines, d’azalées et de rhododendrons…
Les visiteurs sont partis. Charmants visiteurs qui ont su apprécier le mariage des herbes folles et des herbes sages et découvrir le jardin jusqu’à ses floraisons les plus discrètes. Délicieux visiteurs qui se sont longuement attardés autour des créations semées dans les massifs, dans le sous-bois et même sur l’eau.
Le serpent à fleurs (chargé de faire oublier le réveil étrangement tardif des nénuphars) et la nasse flottante ondulent toujours sous le souffle du vent. Le petit Jules reste bien planté sur le pont de John, humant la brise du ruisseau…
Jules à 4 ans, statue en raku, Ginette Heuraux
Les Chinoises ont réveillé les nymphéas du bassin aux grenouilles. Elles ont même fait fleurir le thalia dealbata…
Chinoises, statues raku de Ginette Heuraux
…mais les chimères se sont volatilisées !
Les photos prises hier soir sont la preuve de leur existence. Ce pêcheur aux pieds de batracien appartiendrait-il à une lignée de chimères bienfaisantes ? Ou l’enfant sauvé des eaux n’est-il qu’en sursis ?
Le Pêcheur, sculpture de Martine Sauvageot
L’échassier bizarre a fui lui aussi, redoutant sans doute le retour du héron sur son territoire de prédilection.