Un amour de pluie

Romy Schneider filmée par Jean-Claude Brialy dans le Vittel de Charles Garnier, dansant sur l’escalier du Grand Hôtel, pédalant sous la pluie du parc thermal… je n’ai pas eu l’occasion de voir le film mais je peux l’imaginer. Les décors sont intacts et la pluie est enfin revenue sur la plaine des Vosges.

Pour le plus grand bonheur de la forêt et du jardin. Même dans le sous-bois, les rhododendrons s’épanouissent. Le ruisseau a repris son activité de torrent.

L’alchémille, plante mythique, recueille « l’eau céleste ». Le sceau de Salomon prolifère comme jamais et on imagine la vie des hexagrammes sacrés qu’il développe dans cette bonne terre humide.

J’aime la pluie. Elle a le pouvoir de transformer le jardin en une nuit. Quelques petites feuilles de bourraches à peine écloses se transforment en quelques heures en massif. Les gouttes perlent sur les feuillages des hostas et tout n’est que parfum. Après une semaine de pluie, restera à passer la débroussailleuse…

Quand on n’a pas de muguet…

Oublions les trois malheureux brins de muguet qui s’obstinent à survivre dans notre sous-bois. Il y a tant de jolies fleurs blanches qui illuminent les bords du ruisseau. La plus étonnante est pour moi le sceau de Salomon, cette jolie hampe aux feuilles dressées comme autant de protections de ses grelots blancs. On l’appelle aussi « faux muguet »…

Elle s’installe dans les recoins les plus inattendus, le plus souvent à l’ombre humide (sans doute est-ce pour cela qu’on l’appelle aussi « grenouillet », mais aussi sous un rosier en plein soleil.

Mais pourquoi ce nom de sceau de Salomon ? Je ne l’ai pas vérifié mais je fais confiance aux naturalistes qui ont vu (avec beaucoup d’imagination) dans ses étranges rhizomes des hexagrammes inscrits dans des cercles.