Berchigranges au mois de juillet

Luxuriant, dégoulinant de rosiers lianes et de clématites, oscillant au rythme des longs épis de veronicastrum, de persicaires, d’érémerus, de digitales, de molènes, de campanules lactiflora… c’est l’été au jardin de Berchigranges.

Ce foisonnement est mis en scène sur un tapis de velours vert, cet incroyable gazon qui met en arrêt le visiteur quand il pose le pied dans le jardin…

…et qui l’invite à poursuivre la visite les pieds nus, entre les massifs comme sur le pont « végétal ».

Rappel à la réalité du moment : la bibliothèque habituellement ouverte est fermée pour cause de confinement.

Dommage : une petite halte dans le cabanon pour feuilleter les revues de jardinage, les manuels de jardinage ou les « beaux livres » dédiés aux jardins du monde ajoutait au plaisir de la visite.

« Vaut le voyage » : Jardin de Berchigranges

Precioza

Entre deux séances de contemplation de l’oeuvre de Land Art qui s’est imposée à nous, nous ne nous laissons pas abattre. Le bûcheron de la commune ne devrait pas tarder pas à enlever ce grand corps trop chargé de fruits qui n’a pu supporter, en plus, le poids de la pluie. En attendant, nous admirons le spectacle et le ballet des oiseaux qui apprécient ce nouveau poste d’observation.

Côté plantations, nous restons fidèles à la Pépinière de la Thyle. Comme chaque été, nous étions au rendez-vous de Thierry de Ryckel venu de Belgique au jardin de Berchigranges avec le meilleur de ses productions d’hydrangéas. Toujours enthousiaste pour faire découvrir la diversité des spécimens qui se sont épanouis dans le jardin, il est toujours aussi précis dans le conseil au débutant comme au collectionneur. Cette année, nous sommes revenus avec le bien nommé ‘Precioza’…

C’est son feuillage et la couleur de ses tiges qui m’ont d’abord attiré le regard. Un beau feuillage mat et vigoureux dans un dégradé de vert tendre au bronze pourpré annonciateur des riches couleurs de l’automne. Le rouge de ses tiges, fines mais solides, apporte une grande légèreté à cet arbuste très ramifié, buissonnant tout en rondeur.

Et puis il y a ses fleurs, de petites sphères légèrement aplaties : ‘Precioza’ est un hybride de macrophylla et de serrata. Comme tous les serratas, il jouit d’une grande résistance au froid et aux gels printaniers, ses ascendants sont originaires des montagnes du Japon et de Corée.

Les couleurs évoluent de l’éclosion à la fanaison, donnant ainsi une belle diversité de tonalités durant toute la saison. La floraison débute dans les tons blanc crème avec des nuances de vert et des liserés roses pour évoluer vers des roses de plus en plus francs qui tourneront au cramoisi à l’automne.

Il lui faut du soleil pour prendre des couleurs mais pas de rayons brûlants. Après quelques recherches d’emplacement, on a fini par déterrer un hydrangea Annabelle devenu trop « voyant » avec ses énormes boules blanches (la terre lui est « trop favorable » selon Thierry de Ryckel) pour le planter à l’ombre des rhododendrons qui bordent le ruisseau. Il atteindra bientôt sa taille adulte de 1 m 20 en hauteur comme en largeur. Mais à en juger par le magnifique spécimen de Berchigranges, en terre favorable, on pourrait le voir se déployer davantage…

A lire, à étudier et à rêver :

A visiter :

Jardin de Berchigranges

Pépinière de la Thyle

Berchigranges au mois de mai

Ambiance euphorique autour du lac de Gérardmer : les « déconfinés » retrouvent la nature et la liberté. On redécouvre les joies du déjeuner sur l’herbe et des balades au bord de l’eau. On se sourit, on se salue, on se souhaite une belle promenade comme si, pour chacun, c’était « la première fois ».

A quelques kilomètres du lac, le jardin de Berchigranges. L’atmosphère y est plus feutrée mais tout aussi euphorique et la visite a elle aussi un parfum de « première fois », même pour les visiteurs les plus fidèles.

Banc végétal pour la contemplation d’un Cornus Kousa monumental

Confinement oblige, on a manqué le spectacle des narcisses et des jonquilles et les floraisons ne sont pas encore spectaculaires. Mais c’est l’occasion de découvrir de petits trésors végétaux plus discrets.

La ronde des euphorbes

Le jardin de mousses inauguré l’an dernier a pris une belle densité. Le manteau de lichens a complètement arrondi les angles de l’éboulis de roches.

Et ceux qu’on attend tous sont déjà là : les pavots bleus de l’Himalaya.

C’est grâce au succès de leur pétition que les jardins de Berchigranges, des Panrées et de Callunes ont pu ouvrir leurs portes :

https://www.change.org/p/ouvrez-les-jardins?signed=true

« …Pourquoi ne pas considérer les bienfaits apportés par une promenade dans un jardin comme absolument nécessaires et bénéfiques aussi bien physiquement que psychologiquement après cette lourde épreuve du confinement ? »

Le site du jardin de Berchigranges : http://www.berchigranges.com