Les visiteurs de l’été

Sont-ils venus à la recherche de fraîcheur ? D’eau ? De gourmandises ? Et pourquoi pas de compagnie ? La martre, la couleuvre, le héron, le colvert et quelques autres restés invisibles ont animé le jardin comme jamais. Sans doute y ont-ils trouvé une oasis en cet été de canicule. Les plus beaux des cadeaux pour qui sait les regarder.

La martre, qui ne s’était jamais manifestée, a choisi le dimanche le plus mouvementé de l’année pour passer la journée dans le jardin. (Malheureusement, passées les journées Portes ouvertes, elle n’est pas revenue.) Le matin à grignoter les fraises des bois, le midi à nettoyer les miettes sous la table du déjeuner des artisans…

… l’après-midi à faire une petite sieste sur la terrasse au fond du jardin. Peut-être en attente de la couleuvre qui niche dans le bosquet voisin.

La couleuvre à collier, elle, s’est régalée dans le bassin grouillant de grenouilles. Heureusement, depuis sa visite, les nénuphars ont refait le plein de locataires. Et pour cause, ils sont le meilleur des abris pour se cacher des rapaces et du héron. Le héron qui retrouve chaque matin un canard colvert sur l’étang au plus bas de mémoire de jardiniers.

Sans oublier le visiteur le plus inattendu, entré par la cheminée… l’oiseau du 15 août.

La révolte des hérons

Le héron, « notre » héron, ne nous aime pas. Dès le premier jour, il nous l’a bien fait comprendre par des cris très désagréables, « rapeux et gutturaux » disent les experts de la langue des oiseaux*. On a bien compris le message, maintes fois répété, et on se fait discrets, surtout le matin, son heure préférée pour pêcher dans l’étang.

Cependant, depuis quelques jours, il y a de l’hostilité dans l’air. Il vole et se pose de plus en plus près de la maison. Il a même simulé une trajectoire directement ciblée sur ma personne alors que j’étais au pied de la terrasse. Visait-il le chat, comme le suggère Malyloup ? Pas sûre du tout.

Et voilà que deux autres hérons, plus petits, peut-être les rejetons de notre échassier géant, viennent à leur tour nous narguer. L’un se pose sur la branche de l’épicéa à quelques mètres de la baie du salon, l’autre se perche sur les rosiers avec vue imprenable sur le bassin aux grenouilles.

Au moindre mouvement, les cris reprennent, « croassements rudes et éraillés ». Comme toujours, c’est le plus fort qui a finalement raison. Notre grand héron a réussi à effrayer tout l’entourage pour défendre son garde-manger.

De toute évidence, c’est l’état d’urgence pour lui aussi. La sécheresse a limité ses territoires de pêche et il passe des heures entières dans notre étang… dont le niveau n’en finit pas de baisser.

* Pour la leçon de vocabulaire ornithologique (et bien davantage) : oiseaux.net