Petit problème de calcul

Sachant que depuis quinze jours, la température a plongé de – 1° à – 9° dans la forêt de Darney ; sachant qu’en période de grand froid, une mésange charbonnière peut consommer jusqu’à 20 grammes de nourriture par jour, ce qui équivaut quasiment à son propre poids et qu’une mésange bleue, plus petite, peut consommer jusqu’à 15 grammes de graines par jour ;

sachant que les charbonnières sont quatre fois plus nombreuses que les mésanges bleues ; sachant que les mésanges assurent le contrôle absolu des distributeurs de graines de tournesol noir (merles et rouges-gorges picorent dans les taupinières fraîchement émergées) ;

sachant que la consommation quotidienne de graines de tournesol s’élève à 550 grammes entre les différentes mangeoires ;

sachant qu’il y a aussi pléthore de baies et de petits fruits à disposition sur les branches ;

combien y a-t-il de mésanges dans le jardin ?


Les 24 et 25 janvier 2026, le grand rendez-vous du Comptage National des Oiseaux des Jardins est de retour ! La LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle invitent tous les curieux de nature à consacrer 1 heure à observer et compter les oiseaux de leur jardin. Prenez vos jumelles (si vous en avez), installez-vous confortablement, observez, comptez !

Adieu 2025, une belle année…

Adieu 2025, une belle année… pour les oiseaux du jardin. On n’a jamais vu autant de mésanges, de merles, de rouges-gorges, de troglodytes mignons, de rouges-queues, de grives, de pinsons… et, plus discrets, les piverts et les pics épeiches. Sans oublier le retour invisible mais sonore du hibou et de la chouette effraie. Seuls le héron et le martin-pêcheur gardent jalousement l’adresse et le contrôle exclusif du ruisseau et de l’étang.

Merci à la météo ? Merci aux agriculteurs ? Merci aux esprits de la forêt ?

Promesse ?

Dans la noirceur de l'hiver
renaît la grande férule
promesse de justice

La férule de la justice frappera-t-elle les nouveaux barbares ? La belle Ferula communis fleurira-t-elle cette année ? Rien n’est moins sûr. Mais on peut rêver…

On peut rêver qu’en avril, la grande férule dressera sa belle architecture végétale aux allures de niwaki.

On peut rêver qu’en mai, elle déploiera ses grandes ombelles d’un jaune d’or éclatant.

La grande férule en majesté

Soleil des Hellènes

Délices des abeilles

Originaire du bassin méditerranéen mais résistante au froid comme à la sécheresse, la Grande Férule doit son nom à Pline l’Ancien, « ferula » signifiant en latin « la férule », « la cravache ». Sa tige sèche servait de baguette pour guider la lecture des élèves au tableau et, sans doute, à administrer quelques corrections.

La gouge, le sarcloir et la binette

Quelques jours de soleil sur un sol gorgé d’eau et c’est la jungle. Si le Roundup ne contient plus que de l’acide acétique (du vinaigre vendu à prix d’or), il n’est toujours pas question d’incommoder les lombrics.

On a sorti sécateurs et cisailles, binettes et serfouettes, fourches, râteaux et grelinettes. Une hyperactivité qui fait le bonheur des chats et qui a éloigné l’intrus.

Dommage qu’on ne puisse compter sur l’aide des voisins…

Le jeu de l’oie pour les jardiniers en herbes appartient aux https://www.fichesdeprep.fr/2015/03/08/vocabulaire-les-outils-du-jardinier/

Quand les chats dorment au sec…

Depuis un mois, à la faveur de la pluie, un visiteur a pris ses aises dans le jardin. Un visiteur tout rond, de la taille d’un chat, au pelage fauve. Serait-ce possible qu’un castor soit venu de la forêt ?

En dépit des apparences, l’animal est vif et détecte les mouvements à grande distance. J’ai tout de même réussi à l’approcher avant qu’il ne plonge et ne reste en apnée dans le bassin d’eau glacée. Entre la pluie battante et l’inquiétude de retrouver le visiteur noyé, j’ai abandonné la partie.

Il n’a pas la queue plate du castor et il a de magnifiques moustaches blanches. Il s’agirait donc d’un ragondin. Mais alors, pourquoi préfère-t-il le talus et ignore-t-il le ruisseau ? Mystère. Mystère et inquiétude : le ragondin est un nuisible particulièrement envahissant. Heureusement, il préfère l’herbe aux hellébores. Reste à espérer que la reprise des travaux le convaincra de retourner d’où il vient…

Quand on n’a pas de mimosa…

Les Anglais l’appellent « Christmas box ». A vrai dire, il faut attendre la chandeleur pour découvrir le cadeau caché dans le sarcococca, quand ses minuscules fleurs blanches libèrent leur parfum. Puissant, étourdissant.

Fleurs de Sarcococca confusa

Quand ils ne trouvent pas le bon mot pour définir une saveur, les chroniqueurs gastronomiques parlent de plus en plus souvent d’ « un goût de noisette ». Légumes anciens ou nouvelles feuilles de salade goûtent donc la noisette. L’horticulteur paresseux quant à lui sent de la vanille partout. Mais le parfum du sarcococca n’a rien de la douceur sucrée de la vanille. Certains, au nez plus affuté, nuancent de notes de jasmin ou de gardenia. Peut-être faudrait creuser la piste du parfum « chypré », qui utilise la mousse de chêne, le patchouli et le musc pour créer une base terreuse et boisée…

Que d’oiseaux, que d’oiseaux !

Cette année encore, nous avons entendu l’appel de la Ligue de protection des oiseaux à compter les oiseaux du jardin. Cette année encore, nous nous déclarons vaincus… et heureux. Mésanges bleues et charbonnières, merles et rouges-gorges, troglodytes mignons et autres espèces plus furtives volent de mangeoire en mangeoire, de la haie aux derniers fruits du pommier de l’Himalaya.

Cette année encore, nous donnons notre langue aux chats…

La méthode est pourtant claire :

  • Choisir un jour d’observation : samedi 27 ou dimanche 28 janvier, et un créneau d’1 heure. En cette période hivernale, privilégiez la fin de matinée ou le début d’après-midi, lorsque les températures sont un peu plus chaudes et les oiseaux plus actifs ; 
  • Trouver un lieu d’observation : un jardin ou un balcon, à la ville ou en campagne. Un parc public peut également servir de lieu d’observation ; 
  • Compter et noter durant 1 heure tous les oiseaux qui visitent le jardin. Afin de ne pas compter 2 fois le même oiseau, conservez au final que le nombre maximal d’oiseaux de la même espèce observés en même temps ; 
  • Transmettre les données sur le site de l’Observatoire des oiseaux des jardins : www.oiseauxdesjardins.fr

Yuki-zuri

Japon : pays de toutes les nuances du bois, de la mousse, du thé amer et de ces grosses flutes de bambou dans lesquelles on engouffre l’air par litres pour obtenir cette note basse et tremblante d’une mélancolie qui en dit long sur le pays.

Nicolas Bouvier, « Le vide et le plein. Carnets du Japon 1964-1970) ». Merci à Bouche à Oreilles pour cette découverte.

Arriverons-nous un jour à comprendre ce pays ? Et les Japonais, si polis, si réservés, comment nous perçoivent ils ? Ils se passionnent pour l’Ecole de Nancy et les subtilités de l’art d’Emile Gallé. Sont-ils touchés par un exotisme aux échos japonisants ou trouvent-ils dans son travail du verre des nuances qui nous échappent ?

Entre Nancy et Kanazawa, c’est un immense herbier de verre et de cristal qui scelle la gémellité des deux villes . Et l’amour des jardins. Les jardins Kenrokuen conçus au XVIIème siècle sont considérés comme l’une des merveilles du Japon. Soumis à de grandes variations climatiques, on y protège les arbres de grands paraneiges, un réseau de cordes plantées autour de l’arbre pour dresser un cône protecteur.

Jardin éphémère, pace Stanislas, Nancy octobre 2023

Des Daum et des Lalique dans le jardin

Il faut aimer la Lorraine en hiver pour comprendre le génie de ses artistes-verriers. Ils sont arrivés à la fin du moyen-âge, encouragés par les « incitations fiscales » des ducs de Lorraine. En forêt de Darney en particulier, ils ont trouvé en abondance les ingrédients de leurs transmutations : le sable de grès, le bois, les fougères et de l’eau, beaucoup d’eau. Quelques générations plus tard, tout imprégnés du paysage et de ses saisons, les artisans-verriers sont devenus artistes.

Vase aux libellules, Daum, Nancy, 1904

C’est dans son usine de Wingen-sur-Moder que René Lalique crée ses effets satinés et opalescents.

Vase René Lalique, 1923

Bobèches de glace

Dans les nénuphars en tête d’article : « Danaé » d’Albert Finot et Amalric Walter, Nancy 1913.