Le retour des bergeronnettes

Depuis notre arrivée dans les Vosges, les bergeronnettes font notre printemps. Miracle du 10 mars, elles reviennent du Midi, ou de plus loin, pour faire le spectacle : loopings, vols stationnaires, vols ascensionnels, arpentage du jardin au rythme des hochements de queue.

Comment ces petits oiseaux si frêles, si légers traversent-ils vents et tempêtes pour revenir à nous ? En remontant le cours de la Saône (et évitant les éoliennes) pour retrouver notre petit ruisseau ?

Bergeronnette ou hochequeue gris (Motacilla alba)

Ce 10 mars, ce sont deux couples qui sont arrivés. Après des années à observer le déclin de ces hôtes si joyeux, on va dire que nous sommes rassurés.

Ce n’est pas le printemps pour tout le monde. La salamandre, installée au fond du regard de l’arrivée d’eau d’arrosage, n’a aucune envie de se réveiller.

A visiter : la nature vosgienne et le magnifique site d’Hervé Parmentelat :

https://vosges-nature.net/

Blanc

L’automne, « un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur ».

L’hiver, une saison de froid brûlant

qui fait de chaque brindille une pépite.

Genêt à balais (Cytisus scoparius
Dernière rose sur l’arche du ‘catwalk’

Miscanthus Sinensis

Même les champignons se font brillants

Exidiopsis effusa

Rouge

Si sage durant tout l’été, sous la protection du grand hêtre pleureur et du vieux rhododendron géant, le petit érable du Japon se réveille comme un volcan. Quelle est la magnitude de ce rouge sur l’échelle de l’incandescence ?

Tempête dans le ruisseau

Ciaran devrait s’essouffler avant d’arriver à nous mais les nuages de haute altitude traversent le ciel des Vosges à grande vitesse. Le milan se laisse porter dans une spirale d’ascendants à faire rêver tous les Icare qui sommeillent.

La tempête est dans le ruisseau. Ca gronde, ça vrombit, ça tourbillonne, emportant feuilles et branches, renversant plantes et céramiques installées dans son lit durant l’été…

Les collines de Bernard Defer sauvées des eaux avant d’être mises à l’abri des gelées…

Entre deux averses, les belles couleurs de l’automne et de nombreuses touches des couleurs de l’été !

Floraisons

Floraisons d’un été sans fin. Les anaphalis ‘Neuschnee’ et ‘Sommerschnee’ continuent d’envahir les massifs de leurs corymbes neigeux. Les véroniques se réveillent. Madame David Austin et Queen Elizabeth offrent leurs plus belles roses et Gertrud Jekill a la folie des grandeurs. Sans doute pour ne pas se laisser noyer par la vague des floraisons d’automne : anémones du Japon et asters, orpins et dahlias, érigérons et saponaires…

Anaphalis ‘Sommerschnee’ (immortelles d’argent)
Queen Elizabeth
Sedum spectabile ‘Iceberg’ ou Grand orpin blanc
Asters

Anémones du Japon

Fanaisons

Le mot m’a aussitôt plu. Il rime avec feuillaison, floraison, exhalaison… et des horizons ouverts, loin de la ville. Je n’osais alors rêver d’un jardin mais j’ai bien retenu la leçon du rosiériste (dont j’ai oublié le nom). La fanaison est un critère essentiel à la sélection des rosiers : les roses doivent se faner plutôt que flétrir, s’effacer discrètement sans ternir la floraison des nouveaux boutons.

Plus doués que les roses pour ce doux effacement : les hydrangéas. Les hortensias bleus virent au rose mêlé de pourpre, ‘Early Sensation’ passe du blanc éclatant au rose orangé, la blanche ‘Annabelle’ revient au vert printanier avant de se faire transparente.

Hydrangea arborescens ‘Annabelle’

Notre ‘Phantom’, toujours bien droit, se colore de rose saumon…

Hydrangea paniculata ‘Phantom’

…et les vieux hortensias, des macrophyllas dont on ignore le nom, virent au rouge incandescent avant de passer aux pourpres violacés.

Le fantôme du sous-bois

Le fantôme s’est réveillé. On l’avait presque oublié au fond du massif en bordure du ruisseau. Thierry de Ryckel nous avait pourtant promis du spectacle : « C’est un géant. Il peut dépasser les 3 mètres de haut et ses fleurs 40 cm de long. N’allez pas planter cela sous une fenêtre ».

Ce ‘Phantom’ était donc tout désigné pour éclairer notre sous-bois.

Hydrangea paniculata ‘Phantom’ encore dans son pot en compagnie du regretté H. serrata ‘Precioza’

Ramené du Jardin de Berchigranges et planté en septembre 2020, il est resté endormi durant deux étés. Deux canicules. Puis, nouveau miracle de cet étrange été, il a émergé des rhododendrons et des skimmias.

‘Phantom’, rhododendrons, skimmias et ‘Blue Bird’

La promesse est tenue : les fleurs sont spectaculaires et sont bien soutenues par leurs branches rigides. Il garde la tête haute même sous la pluie.

Maintenant, il va falloir travailler à lui faire un peu de place dans le massif qui s’est étoffé au-delà de nos espérances depuis 2020.

Les hydrangéas de Thierry de Ryckel illuminent le jardin de Berchigranges dans les Hautes Vosges ainsi que le jardin de Vastérival en Normandie. Ils illustrent la Bible de l’amateur d’hydrangéas :

Retour au jardin

On craignait la canicule. On a eu de grosses chaleurs. On craignait la sécheresse. Elle n’a pas duré. Protégé des cieux (pourvu que cela dure), notre coin de forêt a été généreusement arrosé par les orages, mais épargné par la grêle, et le ruisseau a repris son cours vers la Saône.

Les nénuphars se sont noyés sous la brusque montée des eaux de l’étang (300 millimètres en une seule nuit !) mais les massifs explosent de fleurs… et d’herbes folles.

Vernonia crinita ‘Mammuth’

La petite mare aux grenouilles a disparu dans une jungle de salicaires, de crocosmias, de roseaux de Chine, de verges d’or, de menthe des marais… et l’allée de chèvrefeuilles à feuilles de buis a besoin d’une taille urgente.

Solidago, Mentha aquatica, Lythrum salicaria, Crocosmias, Miscanthus sinensis Gracillimus, etc.

Nous nous préparions à la mort programmée des hortensias et des hydrangéas mais l’espoir renaît, même s’il ne s’agit probablement que d’un sursis.

Hydrangea serrata ‘Blue Bird’

A l’abri de toute cette frénésie végétale, la saison est aussi à la contemplation et aux confidences entre pattes blanches…

Petit Poutou et son confident, tout doux sous ses allures de porc-épic