Alignement idéal des planètes? Miraculeuse alternance de douceur, de pluies, de chaleur ? Le magnolia ‘Fairy White’ ou magnolia Michelia s’est décidé à ouvrir ses gros bourgeons de velours fauve. En une semaine, ses fleurs d’un blanc éclatant s’ouvrent une à une. Féérique.
Magnolia ‘Fairy White’, le 2 avril 2024Magnolia ‘Fairy White’, le 6 avril 2024
Planté en automne 2017, il aura fallu attendre sept ans pour découvrir que le pépiniériste ne nous avait pas menti : de sublimes fleurs aux pétales étroits, un cœur en bouquet d’étamines saillantes autour d’un pistil jaune pâle, un parfum subtil, « typé, fruité, légèrement citronné »… divin.
Fleur ‘Fairy White’ (10 cm) aux longs pétales découvrant son pistil au coeur d’un bouquet d’étamines jaunes.
Les uns sont déjà en train de préparer la « fête de la grenouille ». Au menu : « cuisses de grenouilles à volonté ». Un festin alimenté par les cuisses congelées en provenance d’eaux saumâtres d’Indonésie pour la plupart, puisque l’espèce est protégée dans l’Union européenne.
Les autres se lèvent tôt pour édifier des crapaudromes, des voies de circulation protégées, car combien d’automobilistes ralentissent-ils en voyant des panneaux d’alerte de traversées de batraciens ?
Les uns se gavent, les autres jouent les colibris.
La mare aux grenouilles alimentée d’une source tiède, envahie de menthe aquatique, protégée par un rideau de bambous Fargesia
Chez nous, crapauds et grenouilles migrent tranquillement de la mare à l’étang, du bassin au ruisseau sans autre risque que de rencontrer le héron ou le chat. Le héron arrive peut-être à en picorer dans l’étang. Le chat rentre toujours bredouille.
Et bientôt, ce sera le beau spectacle des grenouilles prenant le soleil sur leur feuille de nénuphar, happant moustiques et moucherons.
Près de 3000 tonnes de cuisses de grenouilles vont encore débarquer en France cette année, selon la Direction générale de l’alimentation. La plupart d’Indonésie alors que « l’Inde et le Bangladesh étaient les principaux fournisseurs de la France dans les années 1980-1990, jusqu’à ce qu’ils décident d’arrêter l’exportation à cause de l’effondrement des populations et des effets dominos des captures de masse, comme la prolifération des moustiques et des ravageurs de cultures et, en conséquence, une augmentation de l’utilisation des pesticides ».
Depuis notre arrivée dans les Vosges, les bergeronnettes font notre printemps. Miracle du 10 mars, elles reviennent du Midi, ou de plus loin, pour faire le spectacle : loopings, vols stationnaires, vols ascensionnels, arpentage du jardin au rythme des hochements de queue.
Comment ces petits oiseaux si frêles, si légers traversent-ils vents et tempêtes pour revenir à nous ? En remontant le cours de la Saône (et évitant les éoliennes) pour retrouver notre petit ruisseau ?
Bergeronnette ou hochequeue gris (Motacilla alba)
Ce 10 mars, ce sont deux couples qui sont arrivés. Après des années à observer le déclin de ces hôtes si joyeux, on va dire que nous sommes rassurés.
Ce n’est pas le printemps pour tout le monde. La salamandre, installée au fond du regard de l’arrivée d’eau d’arrosage, n’a aucune envie de se réveiller.
A visiter : la nature vosgienne et le magnifique site d’Hervé Parmentelat :
Si sage durant tout l’été, sous la protection du grand hêtre pleureur et du vieux rhododendron géant, le petit érable du Japon se réveille comme un volcan. Quelle est la magnitude de ce rouge sur l’échelle de l’incandescence ?
Ciaran devrait s’essouffler avant d’arriver à nous mais les nuages de haute altitude traversent le ciel des Vosges à grande vitesse. Le milan se laisse porter dans une spirale d’ascendants à faire rêver tous les Icare qui sommeillent.
La tempête est dans le ruisseau. Ca gronde, ça vrombit, ça tourbillonne, emportant feuilles et branches, renversant plantes et céramiques installées dans son lit durant l’été…
Floraisons d’un été sans fin. Les anaphalis ‘Neuschnee’ et ‘Sommerschnee’ continuent d’envahir les massifs de leurs corymbes neigeux. Les véroniques se réveillent. Madame David Austin et Queen Elizabeth offrent leurs plus belles roses et Gertrud Jekill a la folie des grandeurs. Sans doute pour ne pas se laisser noyer par la vague des floraisons d’automne : anémones du Japon et asters, orpins et dahlias, érigérons et saponaires…
Anaphalis ‘Sommerschnee’ (immortelles d’argent)Queen Elizabeth Sedum spectabile ‘Iceberg’ ou Grand orpin blancAstersAnémones du Japon
Le mot m’a aussitôt plu. Il rime avec feuillaison, floraison, exhalaison… et des horizons ouverts, loin de la ville. Je n’osais alors rêver d’un jardin mais j’ai bien retenu la leçon du rosiériste (dont j’ai oublié le nom). La fanaison est un critère essentiel à la sélection des rosiers : les roses doivent se faner plutôt que flétrir, s’effacer discrètement sans ternir la floraison des nouveaux boutons.
Plus doués que les roses pour ce doux effacement : les hydrangéas. Les hortensias bleus virent au rose mêlé de pourpre, ‘Early Sensation’ passe du blanc éclatant au rose orangé, la blanche ‘Annabelle’ revient au vert printanier avant de se faire transparente.
Hydrangea arborescens ‘Annabelle’
Notre ‘Phantom’, toujours bien droit, se colore de rose saumon…
Hydrangea paniculata ‘Phantom’
…et les vieux hortensias, des macrophyllas dont on ignore le nom, virent au rouge incandescent avant de passer aux pourpres violacés.