Une idée de l’infini

Ca brûle du Sud au Nord, de l’Est à l’Ouest mais cela n’a pas refroidi une centaine de héros de l’asphalte pour se lancer dans le 44e Rallye de la Plaine des Vosges. 134,384 km de pollution atmosphérique et sonore autour de Mirecourt, pauvre cité des luthiers assourdie par les pétarades des bolides.

Un peu plus haut dans les Vosges, dont le piémont a des allures d’Andalousie, le défi était de franchir en moto 80 mètres dans au moins 50 cm de boue avec seulement 25 mètres d’élan !

De beaux titres pour la presse régionale qui laissent les écologistes muets, trop préoccupés par le sexe des anges.

« La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini », disait Renan. Plus clairvoyant, Schiller annonçait la fin de l’histoire : « Gegen Dummheit kämpfen Götter selbst vergebens* » …

*Contre la bêtise, même les dieux combattent en vain »

Un amour de pluie

Romy Schneider filmée par Jean-Claude Brialy dans le Vittel de Charles Garnier, dansant sur l’escalier du Grand Hôtel, pédalant sous la pluie du parc thermal… je n’ai pas eu l’occasion de voir le film mais je peux l’imaginer. Les décors sont intacts et la pluie est enfin revenue sur la plaine des Vosges.

Pour le plus grand bonheur de la forêt et du jardin. Même dans le sous-bois, les rhododendrons s’épanouissent. Le ruisseau a repris son activité de torrent.

L’alchémille, plante mythique, recueille « l’eau céleste ». Le sceau de Salomon prolifère comme jamais et on imagine la vie des hexagrammes sacrés qu’il développe dans cette bonne terre humide.

J’aime la pluie. Elle a le pouvoir de transformer le jardin en une nuit. Quelques petites feuilles de bourraches à peine écloses se transforment en quelques heures en massif. Les gouttes perlent sur les feuillages des hostas et tout n’est que parfum. Après une semaine de pluie, restera à passer la débroussailleuse…

Matin d’hiver

C’est par un beau matin d’hiver en forêt de Darney… L’étang de Chanau est gelé et saupoudré de petits glaçons tombés des arbres et soufflés par le vent. Les petits îlots aménagés pour accueillir d’invisibles oiseaux ont été visités par des curieux assez légers pour ne pas sombrer, assez lourds pour laisser des lézardes dans la glace. Et quelques épaves y restent figées.

La neige et le givre révèlent la beauté des vestiges d’un arbre sacrifié par la canicule du dernier été…

et les talents de constructeurs des castors.