Qui a mangé mes sandales ?

En partant à Vittel, je les avais laissées au soleil, sur les marches du perron. A mon retour, trois heures plus tard, et toujours 30°, elles étaient sèches… mais « explosées ». L’une sous l’arche de la glycine, l’autre 25 mètres plus loin sous le pommier de l’Himalaya, et plus une seule lanière. On ne peut pas accuser les chats, bien trop raffinés. C’est alors que John m’a raconté sa « rencontre »…

Lui, sortant de l’atelier, et le renard, assis tranquillement sous le grand hêtre pleureur, curieux sans doute de notre vie de casaniers. Un long regard de plusieurs minutes et le renard a disparu comme il était venu…

https://www.livescience.com/fox-steals-100-shoes.html

Jardinières et jardiniers, mettez vos chaussures et vos gants aux abris. Une rapide recherche sur Internet affiche le Top Ten des renards voleurs de chaussures, de Berlin à Kyoto, de l’Australie à l’Angleterre, certains affichent des butins de plus d’une centaine de chaussures !

Beaucoup finissent entre les quenottes des renardeaux qui ont grand besoin de les aiguiser. Merci au Jardin botanique Jean-Marie Pelt de Nancy d’accueillir ces jolis prédateurs dans sa vallée de rhododendrons (photo d’accueil).

Fox’s breakfast

Ce matin, en ouvrant la porte de la grange, j’ai échangé un regard avec le renard. Dans la forêt, derrière le grillage, il me fixait du haut du talus qui domine la maison. Long et distant face à face parfaitement immobile. Et puis, tranquillement, il s’est détourné et il est remonté dans la forêt.

En montant vers l’étang, j’ai compris : le renard venait de manger une des pommes ensevelies sous la neige au pied du vieux pommier. Les traces menaient à la mare aux grenouilles où il s’est peut-être abreuvé avant de sauter la clôture pour remonter dans la forêt. Ce long regard, j’ai très envie de le croire, était peut-être un signe de gratitude…

Un des grands plaisirs de l’hiver est de suivre les traces des visiteurs de la nuit et du petit matin dans la neige ou sur la glace. Même si je ne suis pas toujours sûre de les identifier…

Et si nous sommes comme emprisonnés dans le blanc, notre petit morceau de paysage nous offre des points de vue tout en contrastes : du blanc le plus tranquille, couleur d’hibernation…

… aux blancs tourmentés du ruisseau qui dévale à grands fracas les rochers.