Adieu 2025, une belle année…

Adieu 2025, une belle année… pour les oiseaux du jardin. On n’a jamais vu autant de mésanges, de merles, de rouges-gorges, de troglodytes mignons, de rouges-queues, de grives, de pinsons… et, plus discrets, les piverts et les pics épeiches. Sans oublier le retour invisible mais sonore du hibou et de la chouette effraie. Seuls le héron et le martin-pêcheur gardent jalousement l’adresse et le contrôle exclusif du ruisseau et de l’étang.

Merci à la météo ? Merci aux agriculteurs ? Merci aux esprits de la forêt ?

Promesse ?

Dans la noirceur de l'hiver
renaît la grande férule
promesse de justice

La férule de la justice frappera-t-elle les nouveaux barbares ? La belle Ferula communis fleurira-t-elle cette année ? Rien n’est moins sûr. Mais on peut rêver…

On peut rêver qu’en avril, la grande férule dressera sa belle architecture végétale aux allures de niwaki.

On peut rêver qu’en mai, elle déploiera ses grandes ombelles d’un jaune d’or éclatant.

La grande férule en majesté

Soleil des Hellènes

Délices des abeilles

Originaire du bassin méditerranéen mais résistante au froid comme à la sécheresse, la Grande Férule doit son nom à Pline l’Ancien, « ferula » signifiant en latin « la férule », « la cravache ». Sa tige sèche servait de baguette pour guider la lecture des élèves au tableau et, sans doute, à administrer quelques corrections.

Obsidional, le Mémorial inconnu

Tombée d'une musette, 
une châtaigne a germé en terre des Vosges,
nourrie du mal du pays
d'un Poilu inconnu venu de Corse.

Un siècle plus tard,
un châtaignier est né au fond du jardin,
surgi d'une graine cachée
sans doute par un écureuil distrait.


Obsidional, le châtaignier des forêts des Vosges est la mémoire vivante des sacrifices humains de 1914-18. Un mémorial plus respecté par la nature que dans les forêts de croix et de stèles des Flandres et de Lorraine, où l’Europe cynique et décérébrée les trahit chaque année davantage de leurs commémorations factices.

A tous les Saints

Parce que je ne veux pas être complice de ce qu’il se passe, je prie aujourd’hui tous les Saints. Qu’ils me disent que l’Enfer existe. S’il n’existe pas, puissent les nouveaux barbares vivre sur terre l’enfer qu’ils ont eux-mêmes créé. Au plus bas des cercles de l’Enfer que Dante réservait aux traîtres, il devrait y avoir la foule de tous ces êtres froids qui brandissent l’étendard de l’éthique et de l’humanité pour mieux les ignorer ou même s’en moquer.

Planche hors texte imprimée dans L’Enfer de Dante Alighieri, avec les dessins de Gustave Doré.

« Aussitôt que nous parvînmes au fond du puits obscur sous les pieds du géant, et que nous fumes descendus beaucoup plus bas, tandis que je contemplais encore les parois élevées, j’entendis qu’on me disait :  » Prend garde où tu marches ; n’écrase pas, avec la plante de tes pieds, les têtes de tes pauvres misérables frères ! « 
A ces mots je me tournai, et je vis devant moi et sous mes pieds un grand lac, qui, étant gelé, ressemblait plutôt à du verre qu’à de l’eau. Jamais un voile plus épais ne couvrit en hiver le cours du Danube en Autriche, ou du Tanaïs sous le ciel glacé, que ne l’était celui qu’on voyait dans ce lieu, et sur lequel les monts Tabernick et Pietrapana seraient tombés sans le faire craquer à sa surface. Et comme la grenouille se met à coasser le museau hors de l’étang, à l’heure où la villageoise rêve souvent de glaner, ainsi ces ombres désolées, livides, jusque-là où se peint la honte, étaient enfoncées dans la glace, et leurs dents claquaient comme des becs de cigognes. Leur face était tournée en bas ; leur bouche, du froid, et leurs yeux témoignaient de la tristesse de leur âme. »
Chant XXXII, versets 16-39

Chats vigilants

Retour au calme après la tempête. Benjamin venait de loin mais il avait encore assez de puissance pour secouer la forêt. Pas assez pour balayer les couleurs d’octobre. Le calme est revenu mais le ruisseau gronde, les oiseaux ont le vol agité et les chats restent en mode haute vigilance.

Promesse d’une belle journée

Ce matin, la lune promet une belle journée en forêt de Darney. Bientôt, le petit croissant de lumière s’effacera dans la noirceur et les nuages mais aujourd’hui il annonce les plus belles, les plus chaudes des couleurs.

Encore une journée d’activité intense pour les jardiniers… et pour les chats qui chassent la taupe parmi les asters, les oiseaux dans le pommier de l’Himalaya.

La grande muraille

Il a suffi de quelques mois d’abandon pour que la forêt reprenne le pouvoir. Les hostas, les bruyères, les azalées, les skimmias, plantés le long du petit sentier du sous-bois étouffent dans une jungle d’arbrisseaux : charmes, hêtres, chênes, épicéas et acacias.

Grand chantier de l’été : défricher, élaguer et retrouver le ruisseau devenu inaccessible sous la broussaille. Résultat : des montagnes de branchages à recycler car il n’est pas question de les brûler en bordure de forêt. Ainsi s’imposa la solution d’ériger « la grande muraille », rempart contre l’invasion des jeunes pousses de la forêt…

…une construction qui passionne les chats. C’est tellement bon d’observer les humains qui se fatiguent en fabriquant de nouveaux terrains de jeux.

Esprits de la forêt

Esprits de la forêt qui ne craignez 
ni le cerf qui brame à vos pieds,
ni les cris de la chouette effraie,
veillez sur les coeurs purs,
maudissez les âmes noires.

Les artistes invités au jardin de Darney…..

chaque année, je suis curieuse de découvrir les œuvres parsemées au jardin… Martine me fait toujours autant rêver avec ses créations fantastiques et l’an dernier, j’ai adopté son vieux guerrier, après l’oiseau porte-plume il est devenu mon ‘dragon à lunettes’ et ça semble lui plaire 🙂 un poulailler abrite une poule éternelle et les sapins […]

Les artistes invités au jardin de Darney…..

Merci encore Malyloup, tu as le précieux don de l’émerveillement. Et la générosité de le partager. Que ta sentinelle, ton dragon à lunettes te protège !