Ciaran devrait s’essouffler avant d’arriver à nous mais les nuages de haute altitude traversent le ciel des Vosges à grande vitesse. Le milan se laisse porter dans une spirale d’ascendants à faire rêver tous les Icare qui sommeillent.
La tempête est dans le ruisseau. Ca gronde, ça vrombit, ça tourbillonne, emportant feuilles et branches, renversant plantes et céramiques installées dans son lit durant l’été…
Elle n’en revient pas, la petite salamandre. Toute une nuit de pluie, tellement exquise qu’elle en oublie que le matin est là et qu’il est temps d’aller se cacher et dormir. Mais comment résister aux fines gouttes qui continuent à tomber et à cette fraîcheur tant attendue ?
Qu’on se rassure, c’est sûrement par pur plaisir qu’elle reste ainsi, immobile sur les pierres détrempées. Car, renseignements pris, on apprend que les jeunes sont autonomes dès la naissance. Tout de même, ce n’est pas une bonne idée de rester là à deux pas du perron de la cuisine.
Petite salamandre de 5 cm, elle n’atteindra la maturité qu’à 3 à 6 ans. Elle est sans doute le rejeton de la grande et robuste salamandre surprise au même endroit par une nuit d’octobre 2019. Longue d’une vingtaine de centimètres, elle peut vivre jusqu’à 30 ans. Et, dans notre jardin, entre points d’eau et murs de pierres sèches, c’est sûr qu’elle a toutes les chances de prospérer…
Oubliées les roses et les pivoines, oubliées sculptures et céramiques quand vingt-trois grenouilles (peut-être plus) font le spectacle entre les nénuphars du petit bassin. Pour ajouter au plaisir de l’observateur, elles sont toutes identiques mais de tailles différentes, de deux à une dizaine de centimètres de longueur. Peut-être des grenouilles rieuses…
alanguies sur une feuille, pointant le museau entre deux fleurs ou s’étirant dans l’eau…
Grenouilles vertes
On a vu des visiteurs prendre des poses dangereuses pour les photographier. Ce qui a donné l’idée à nos amis des Métiers d’art d’organiser le concours de la meilleure photo de grenouilles.
L’invitation est lancée aux candidats photographes pour l’année prochaine. En attendant, les chats, qui ne sont pas partageurs, ont repris possession des lieux.
Merci à Roselyne, Michel et Lise pour leurs photos.
Merci à tous, créateurs et visiteurs, d’avoir fait de ces journées un très beau moment d’échanges et de partage.
Comme chaque jardinier en son jardin, nous cultivons notre petit paradis. Merci le climat des Vosges, nous ne sommes pas dupes. Les saisons, même si le temps se réchauffe, reviennent nous rappeler que le jardin fleuri d’un éternel printemps de paix, de douceur et d’abondance est en réalité peuplé de végétaux et d’animaux qui se combattent pour survivre.
Merci l’artiste de nous révéler les inquiétantes étrangetés de la nature : oiseau au bec tueur, félin au regard fatal…
sanglier philosophe qui rêve d’Ovide et de « Métamorphoses », du Jardin de l’âge d’or où les fleurs naissaient sans semences, où la terre produisait des moissons spontanées. Et où les animaux comme les hommes vivaient libérés des fatigues et des malheurs.
Merci à Martine Sauvageot pour son étrange bestiaire inventé au fil de ses trouvailles.
Il était une fois un âne… euh non, c’était un mouton. Son maître voulait s’en débarrasser. L’esprit pas assez grégaire, il devait se prendre pour une chèvre. S’apercevant que le vent soufflait du mauvais côté, il s’échappa et prit la route de la ville : “Là, pensait-il, je pourrai devenir musicien.” En route, il rencontra une poule inquiète de finir dans le bouillon du prochain dimanche. Arrivé dans la forêt, le duo entraîna un écureuil et, sous la protection de la belette, ils décidèrent de s’arrêter là…
Chantez bien fort, mouton, poule, écureuil et belette, chantez bien fort car vous êtes dans le coin du jardin préféré du renard…
Merci aux frères Grimm de pardonner cette réécriture.
Merci à Ginet Heuraux pour cet aperçu poétique des diverses formes de raku.
Quand le bûcheron nous annonça qu’il faudrait attendre le mois de mai pour démonter nos épicéas (stabilité de la grue oblige), notre première pensée fut pour nos mésanges. Car au bout de l’allée, sous les branches des derniers épicéas, un lilas entremêlé au cognassier du Japon, au seringat et au berberis Koreana leur offrent le meilleur (et le plus parfumé) des refuges. La première mesure fut de déplacer les boules de graines vers le potager. Elles ont aussitôt suivi. Restait cependant à éviter qu’elles ne reviennent dans le cognassier ou le berberis pour y faire leurs nids.
Lilas et Berberis Koreana
Nous avons alors demandé conseil à la Ligue de protection des oiseaux. Réponse immédiate, pratique et circonstanciée…
La LPO préconise d’entreprendre tous travaux d’élagage et/ou d’abattage en dehors de la période de nidification des oiseaux : l’idéal étant de les réaliser entre novembre et février, d’une part, pour le bien-être des arbres (métabolisme nettement ralenti en hiver) et d’autre part, pour éviter de porter atteinte aux couvées d’oiseaux (voir notre actualité parue le 31 mars dernier au lien suivant : https://www.lpo.fr/qui-sommes-nous/espace-presse/communiques/cp2022/ne-taillez-pas-vos-haies-pensez-aux-nids).
Néanmoins, si vous êtes dans l’impossibilité d’effectuer vos travaux en dehors de la période de nidification, vous pouvez poser des systèmes d’effarouchement (inoffensifs pour les oiseaux) dans vos arbres. Un dérangement fréquent des oiseaux ne les inciteront pas à s’y installer.
Les mobiles :
Suspension, dans les arbres, de mobiles composés de fines et longues lames de métal : acier, aluminium, zinc, cuivre… qui sous l’effet du vent vont produire des sons, voire refléter des images (acier inoxydable ou chromé) ;
Installation de silhouettes de rapaces (voir en pièce jointe) qu’il faut fabriquer, selon la durée d’utilisation et le contexte météorologique, en carton fort ou en bois de faible épaisseur. Les peindre si possible de couleur sombre.
Les émissions sonores :
Emission, via un lecteur CD ou une bande son Mp3 ou Mp4, de séquences sonores : cris d’alarme et de détresse qui sont émis lorsqu’un oiseau est saisi ou menacé par un prédateur (voir le CD « Ornithofuga »). Les cris sont à passer en boucle, à intervalles réguliers.
On a respecté les consignes à la lettre mais on a calé sur les émissions sonores. On s’est contentés de claquer des mains quand on a surpris des oiseaux dans le buisson. Et nous n’avons trouvé aucun nid accidenté ou abandonné par les bûcherons volants…
C’était un mercredi 13. On n’osait pas vraiment y croire mais le grand jour était arrivé. En pleine « offensive hivernale », Météo France multipliait les alertes oranges mais ce mercredi 13 mars 2013, on quittait enfin la ville. Il neigeait. Les déménageurs râlaient. L’installateur de l’Internet satellite râlait et nous demandait ce qu’on venait faire là.
Et puis ce fut le silence, le silence ouaté du jardin sous la neige.
Puis le silence habité par le grondement du ruisseau quand il s’est gonflé de la fonte des neiges.
Puis le silence a laissé tout l’espace au chant des merles et des pinsons, aux cris du martin-pêcheur et du héron.
Et puis dix années palpitantes à apprendre à « savoir où on habite »… ou commencer à apprendre.
Elles ont refleuri, toujours aussi légères, encore plus gracieuses. Pour quelques minutes, le temps que le soleil laisse leurs cristaux s’épanouir… Des cheveux d’ange pleins de mystères, des ‘exidiopsis effusa’ enchanteurs même quand la science les explique.
C’est le service minimum depuis que le froid a figé le jardin. Les chats ronronnent, vautrés sur les tablettes des radiateurs. Et pendant que les chats dorment, les taupes et les campagnols s’en donnent à coeur joie.
Eh oui, un bel hiver, enfin ! Moins 10 degrés ! N’est-ce pas une merveilleuse saison ?