Ebullition

Un dimanche de mars au soleil, 22 degrés à l’ombre. Les oiseaux étaient au rendez-vous. Un vol de colverts au petit matin, quelques insultes du héron qui passait par là, puis les merles, les mésanges, les rouges-gorges, les grives, les bergeronnettes, les troglodytes mignons et, je crois, les rouges-queues. Une plume de chouette au pied du grand hêtre, les percussions des pics en plein travail dans la forêt et, au loin par-dessus les collines, un vol d’aigrettes blanches.

Toute cette agitation pour fêter l’explosion de la végétation. Il y a bien sûr les éblouissantes en pleine floraison, héllébores, primevères, narcisses, jacinthes, muscaris… et les premières tulipes.

Cependant, pour la jardinière, il y a plus émouvant : les jeunes pousses qui jaillissent matin après matin, avec la force et la volonté de soulever tous les obstacles… avant de surmonter d’autres épreuves.

Glycine

En attendant les pivoines, les roses et les glycines, les couleurs éclatent du perron jusqu’au fond du jardin…

Glycine et clématite

« Au printemps, c’est dans les bois nus Qu’un jour nous nous sommes connus. Les bourgeons poussaient vapeur verte. L’amour fut une découverte. Grâce aux lilas, grâce aux muguets, De rêveurs nous devînmes gais. Sous la glycine et le cytise, Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ? Nous n’aurions rien dit, réséda, Sans ton parfum qui nous aida. »

Charles Cros, « Le coffret de santal »

Cette clématite, Clematis Docteur Ruppel, je crois (?) végétait, le pied à l’abri du soleil, en compagnie d’un hortensia. Mais la voilà rayonnante, en compagnie de la glycine de Chine. Il suffit parfois d’une rencontre pour changer la vie…

Plan canicule 2020 (4)

L’été 2018 déjà, nos hortensias avaient triste mine, des hortensias trentenaires qui faisaient la fierté des anciens propriétaires . Cette année, le mois de juin a passé ce mur de fleurs au gril. Pas question de déplacer cet alignement d’arbustes devenus imposants et aux racines entremêlées, refuge des rouges-gorges et de toute une faune invisible qui échappe même aux chats.

Même en lisère de forêt, cette bordure exposée à l’Est ne supportera pas une canicule de plus. La solution, espérons-le, est de leur faire de l’ombre. Ils auront donc une pergola de branches de saules qui va se couvrir de glycines et de chèvrefeuilles.

Et, au milieu du jardin de moines, encore de l’ombre, avec une treille qui va se couvrir de rosiers lianes : American Pillar et New Dawn. Et peut-être que les clématites daigneront enfin pousser en si bonne compagnie…