Un plan, enfin !

Pour les visiteurs qui se perdent dans notre jardin, voici une ébauche de plan et quelques vues élargies. Ruisseau, étang, massifs, bordures, arbres et arbustes isolés… occupent un terrain de 8 000 m², long d’environ 110 mètres. Ce qui brouille les repères, c’est qu’il est aménagé sur trois niveaux. Dans un passé dont il ne reste malheureusement que peu de traces, il y avait là l’un des nombreux moulins à eau qui alimentaient les manufactures, les villes et les villages de la plaine des Vosges.

Au centre du terrain, la maison (adossée à l’ancienne maison du meunier) : les 4 coins coïncident avec les 4 points cardinaux. L’entrée est orientée à l’Est Sud-Est, côté orée du bois. Les trois autres côtés sont cernés par la Forêt de Darney.

Niveau 0 côté Est

Au niveau 0 : le portail, l’allée d’épicéas, la maison et une grande terrasse gazonnée qui la contourne jusqu’au ruisseau ;

Au bout de l’allée d’épicéas, arrivés à la cour gravillonnée, on tourne à gauche sous l’arche de la glycine pour arriver à la grande terrasse qui entoure la maison.

De la terrasse, un escalier donne accès au niveau -1 aménagé en jardin de moines (plutôt que de curé, étant donné l’isolement du lieu).

Niveau 0 côté Sud

En poursuivant, on contourne la maison, toujours en terrain plat, puis une côte mène à l’étang en passant sous la ramure du grand hêtre pleureur.

Massifs de vivaces et de rosiers aménagés côté Sud
Au bout de la pelouse, entre le tilleul et un massif de rhododendrons, skimmias, hydrangeas et autres hostas, on accède au petit pont pour traverser le ruisseau.

A suivre avec la visite des niveaux -1 et +1…

Flash back

Il pleut depuis ce matin. Ce jour de grand arrosage nous rappelle notre premier printemps dans la plaine des Vosges. Les prés regorgeaient d’eau, le ruisseau grondait. Rien que de très banal, nous disait-on au village. Mais les choses ont bien changé depuis ce printemps 2013. Les pluies printanières se font de plus en plus rares, le ruisseau commence à se tarir de plus en plus tôt et… notre jardin aussi a bien changé.

Petit moment d’auto-satisfaction pour le travail accompli et les floraisons réussies en dépit d’un climat de moins en moins adapté à un jardin à l’anglaise. Moment de perplexité aussi quant à l’utilité future du petit canal de drainage le long des plates-bandes, il nous avait coûté tant d’efforts…

Ton sur ton

Harmonieuse rencontre « ton sur ton » d’une fleur de phlomis et d’un lepture tacheté (rutpela maculata). Ce coléoptère effilé est facilement reconnaissable à ses élytres jaunes tachés et rayés de noir. Les antennes aussi sont annelées jaune et noir.

Rutpela maculata (lepture tacheté)

Le Phlomis fructicosa ou Sauge de Jérusalem est l’arbuste le plus facile à vivre qui soit. Je l’ai ramené du Jardin d’Adoué près de Nancy et de sa pépinière de plantes rustiques avec la garantie qu’il survivra au climat des Vosges. Planté au printemps dernier, il a enduré la canicule dans la partie la plus ingrate du jardin sans faiblir. Son beau feuillage duveteux, vert argenté ourlé de blanc, a résisté à l’hiver (très doux) et il a déjà doublé de volume. Il devrait atteindre 1 m 25 à maturité.

Phlomis fructicosa (Sauge de Jérusalem)

Quel est cet arbuste épineux et parfumé ?

Il vient de retrouver un beau feuillage dense à feuilles arrondies, souples et « frangées », ce n’est pas un mahonia. On l’a sévèrement taillé l’été dernier pour se préserver de ses redoutables épines, ce n’est pas un cytise. Le traitement lui a bien réussi car il a poussé dans les hauteurs du vieux lilas (3 mètres) et il s’est couvert de ses grappes de petites fleurs jaunes et parfumées. Mais on ne l’a toujours pas identifié…

Petites guerres printanières

Confinés pour cause de guerre au virus, on n’en observe que mieux les petites guerres qui se jouent dans le jardin. Sur le talus, à l’ombre des grands épicéas (qui résistent encore aux attaques de scolytes), les pervenches commencent, pour notre plus grand plaisir, à conquérir le territoire du lierre.

Un peu plus exposés au soleil, ce sont les pervenches panachées qui ont déjà gagné la partie. Visiblement, la sécheresse et la canicule leur ont été favorables. Le lierre est étouffé mais les bulbes également. Seul un narcisse parvient à surnager et quelques crocosmias arriveront peut-être, avec l’aide des jardiniers, à refleurir.

Dans la plate-bande qui borde la maison, c’est une bataille échevelée et parfumée entre jacinthes, primevères et muscaris d’où émergent difficilement les hellébores.

Petit florilège du 21 mars…

Adieu Claude

Auprès de votre arbre, vous avez été si heureux. Cher Claude, vous n’auriez pas dû le quitter des yeux. Et c’est pourtant à cet arrachement que nous devons notre bonheur d’aujourd’hui, le bonheur de vivre dans votre forêt. Votre souvenir est et restera présent dans tous les recoins du jardin. Les vannes que vous avez construites avec votre méticulosité d’ingénieur d’un temps révolu. Le vivier envahi par les herbes. Le matériel de pêche abandonné dans la grange qui nous évoque des dimanches à la campagne dignes de la Belle Epoque. Les portes que vous avez aménagées dans la clôture pour partir à la cueillette des cèpes et des girolles. Les mélodies improvisées au piano dont vous effleuriez si délicatement les touches… Et cette image, celle de votre dernière visite : assis sur le banc (que nous avons repeint en rouge, vous avez apprécié) au bout de l’étang, vous étiez mélancolique mais souriant, vous remémorant sans doute les années de travaux, d’entretien et les joyeuses parties de pêche.

Cela fait plusieurs jours que la pluie tombe en abondance. Depuis le Col des Clochettes, l’eau dévale la colline à travers les bois et entre à grand fracas dans l’étang.

Le ruisseau est passé au niveau « alerte rouge » : les chats se tiennent à carreau dans le périmètre de sécurité de la maison et on prie pour que les ligulaires, les rodgersias et les euphorbes résistent au courant.

Quand les flots se seront calmés, nous « ferons le ménage », nous éliminerons les branches cassées mais, pardon Claude, nous ne pouvons pas vous promettre de remettre chaque rocher « à sa place » comme vous le faisiez après chaque orage. Vous deviez être un Maître Zen sans le savoir. Dans cette voie de sagesse, nous vous promettons aussi de suivre votre trace.

Octobre à Gondremer

Entre jardin botanique et jardin paysager, le jardin de Gondremer est en fait un jardin botanique paysager. Au creux d’une vallée vosgienne, en forêt de Rambervillers-Autrey, il met en scène 4000 plantes dont la finesse évoque les jardins japonais.

L’étang de Gondremer aux couleurs de l’automne.

A la première visite, on est ébloui par l’harmonie des lignes et des couleurs…

A la seconde visite, on commence à prendre la mesure de la richesse des collections.

Et il en faudra beaucoup d’autres pour apprécier les nuances des 1 500 azalées et rhododendrons, des centaines de kalmia, pieris, érables du Japon…

Gondremer est un jardin généreux par ses collections (reconnues comme « Collections Nationales » par le Conservatoire Français des Collections Végérales Spécialisées. Il l’est aussi par l’accueil et la volonté de ses créateurs de partager leurs connaissances. Le plan offert à l’entrée du jardin localise cinquante arbres et arbustes remarquables et les autres plantes sont utilement étiquetées pour les jardiniers en quête d’inspiration.

Le jardin de Gondremer n’a « que » 45 ans. Voilà qui est encourageant. Tant de variété, de densité, de volumes, qui se fondent ou se découpent en harmonie, laissent penser à un jardin très ancien. de Même sans avoir l’ambition du couple de créateurs qui se sont lancés dans cette aventure en 1974, on peut espérer arriver à sculpter son petit bout de paysage en quelques années…

Jardin botanique de Gondremer : http://www.gondremer.com

Et à quelques centaines de mètres de là, l’Abbaye d’Autrey, son jardin, sa pépinière…

Merci à la salamandre

Comme les cèpes et les coulemelles qui se ramassent par kilos, les salamandres sortent de leur cachette. En voici une qui veille la nuit sur les boutures et les jeunes pousses.

Salamandre tachetée

Un jour de pluie au jardin

Un peu d’eau et, c’est magique comme l’alchemille, tout revit !

Même ceux qu’on n’espérait plus voir surgir se sont réveillés…

Et, comme toujours, l’angélique garde la tête haute.

Grands travaux aquatiques

L’étang est à son niveau le plus bas. Le bon moment pour faire le ménage car, de toute évidence, les nénuphars et les graminées adorent l’eau chaude.

En deux ans, ils se sont multipliés à vitesse grand V au point que les feuillages étouffent les fleurs de nymphéas et menacent peut-être la vie des profondeurs.

Il était temps d’éclaircir tout cela. Mais nous avons dû nous avouer vaincus et appeler du renfort. L’arrachage des racines de nénuphars comme des rhizomes des graminées relève des travaux d’Hercule.

Travail ingrat pour un résultat assez désolant. Visuellement seulement. L’étang et ses habitants, carpes, brochets et goujons, couleuvres et grenouilles, sans oublier les campagnols amphibies, vont pouvoir respirer.

Pour limiter la repousse au moins sur le talus (car nous ne nous faisons pas d’illusion, elles repousseront !), nous tentons la technique de la barrière anti-rhizomes. Et nous cherchons des espèces de plantes capables de concurrencer les graminées…