
Réveillée par un brame à trois voix
Eblouie par un soleil rouge
La suite ne sera que futilité
La photo est de Philippe Moës, photographe de la nature et de la forêt,
à découvrir sur son site https://www.photos-moes.be/

entre étang et ruisseau, rosiers et vivaces

Réveillée par un brame à trois voix
Eblouie par un soleil rouge
La suite ne sera que futilité
La photo est de Philippe Moës, photographe de la nature et de la forêt,
à découvrir sur son site https://www.photos-moes.be/
On craignait la canicule. On a eu de grosses chaleurs. On craignait la sécheresse. Elle n’a pas duré. Protégé des cieux (pourvu que cela dure), notre coin de forêt a été généreusement arrosé par les orages, mais épargné par la grêle, et le ruisseau a repris son cours vers la Saône.
Les nénuphars se sont noyés sous la brusque montée des eaux de l’étang (300 millimètres en une seule nuit !) mais les massifs explosent de fleurs… et d’herbes folles.

La petite mare aux grenouilles a disparu dans une jungle de salicaires, de crocosmias, de roseaux de Chine, de verges d’or, de menthe des marais… et l’allée de chèvrefeuilles à feuilles de buis a besoin d’une taille urgente.

Nous nous préparions à la mort programmée des hortensias et des hydrangéas mais l’espoir renaît, même s’il ne s’agit probablement que d’un sursis.

A l’abri de toute cette frénésie végétale, la saison est aussi à la contemplation et aux confidences entre pattes blanches…

Elle n’en revient pas, la petite salamandre. Toute une nuit de pluie, tellement exquise qu’elle en oublie que le matin est là et qu’il est temps d’aller se cacher et dormir. Mais comment résister aux fines gouttes qui continuent à tomber et à cette fraîcheur tant attendue ?

Qu’on se rassure, c’est sûrement par pur plaisir qu’elle reste ainsi, immobile sur les pierres détrempées. Car, renseignements pris, on apprend que les jeunes sont autonomes dès la naissance. Tout de même, ce n’est pas une bonne idée de rester là à deux pas du perron de la cuisine.

Petite salamandre de 5 cm, elle n’atteindra la maturité qu’à 3 à 6 ans. Elle est sans doute le rejeton de la grande et robuste salamandre surprise au même endroit par une nuit d’octobre 2019. Longue d’une vingtaine de centimètres, elle peut vivre jusqu’à 30 ans. Et, dans notre jardin, entre points d’eau et murs de pierres sèches, c’est sûr qu’elle a toutes les chances de prospérer…
Et quand le soleil revint, ce fut le délicieux réveil des hydrangéas…

Oubliées les roses et les pivoines, oubliées sculptures et céramiques quand vingt-trois grenouilles (peut-être plus) font le spectacle entre les nénuphars du petit bassin. Pour ajouter au plaisir de l’observateur, elles sont toutes identiques mais de tailles différentes, de deux à une dizaine de centimètres de longueur. Peut-être des grenouilles rieuses…

alanguies sur une feuille, pointant le museau entre deux fleurs ou s’étirant dans l’eau…



On a vu des visiteurs prendre des poses dangereuses pour les photographier. Ce qui a donné l’idée à nos amis des Métiers d’art d’organiser le concours de la meilleure photo de grenouilles.

L’invitation est lancée aux candidats photographes pour l’année prochaine. En attendant, les chats, qui ne sont pas partageurs, ont repris possession des lieux.



Merci à Roselyne, Michel et Lise pour leurs photos.
Merci à tous, créateurs et visiteurs, d’avoir fait de ces journées un très beau moment d’échanges et de partage.
Comme chaque jardinier en son jardin, nous cultivons notre petit paradis. Merci le climat des Vosges, nous ne sommes pas dupes. Les saisons, même si le temps se réchauffe, reviennent nous rappeler que le jardin fleuri d’un éternel printemps de paix, de douceur et d’abondance est en réalité peuplé de végétaux et d’animaux qui se combattent pour survivre.
Merci l’artiste de nous révéler les inquiétantes étrangetés de la nature : oiseau au bec tueur, félin au regard fatal…


sanglier philosophe qui rêve d’Ovide et de « Métamorphoses », du Jardin de l’âge d’or où les fleurs naissaient sans semences, où la terre produisait des moissons spontanées. Et où les animaux comme les hommes vivaient libérés des fatigues et des malheurs.

Merci à Martine Sauvageot pour son étrange bestiaire inventé au fil de ses trouvailles.

Il était une fois un âne… euh non, c’était un mouton. Son maître voulait s’en débarrasser. L’esprit pas assez grégaire, il devait se prendre pour une chèvre. S’apercevant que le vent soufflait du mauvais côté, il s’échappa et prit la route de la ville : “Là, pensait-il, je pourrai devenir musicien.” En route, il rencontra une poule inquiète de finir dans le bouillon du prochain dimanche. Arrivé dans la forêt, le duo entraîna un écureuil et, sous la protection de la belette, ils décidèrent de s’arrêter là…

Chantez bien fort, mouton, poule, écureuil et belette, chantez bien fort car vous êtes dans le coin du jardin préféré du renard…

Merci aux frères Grimm de pardonner cette réécriture.
Merci à Ginet Heuraux pour cet aperçu poétique des diverses formes de raku.
Il était encore trop tôt pour voir fleurir l’hydrangéa ‘Koria‘, petite splendeur aux pépites bleu saphir venue du Japon. Seul ‘Early Sensation’ commençait à s’illuminer de ses panicules blanches. Mais le Japon était autrement présent durant ces journées de jardin partagé.

Dans la sensibilité et dans les techniques de nos amis artistes. Dans les sculptures en céramique de grès et porcelaine de Roselyne Norroy : trois femmes-oiseaux en noir et blanc, négatifs de la légendaire grue japonaise, trois silhouettes en mouvement qui semblent se disputer les multiples symboles hérités de la tradition du grand oiseau de Mandchourie.


Comme un voyage au pied du Mont Fuji ou au bord de la rivière Arakawa, où l’on se donne rendez-vous pour contempler des « ciels de fleurs », l’infini traduit en millions de coquelicots, les délicates compositions en raku de Bernard Defer. Des coquelicots blancs, symboles de l’oubli et de l’imagination,. Un coquelicot rouge, symbole du plaisir ou de la consolation ?

Et les vases en raku de Ginet Heuraux, des vases aux « textures » si riches qu’ils peuvent se passer de fleurs.

Même si c’est une création anglaise, le Sambucus nigra ‘Black Lace’ (Eva) mérite les honneurs de l’esthétique japonaise. Ce sureau noir a le feuillage finement découpé des érables japonais les plus délicats. Bien nommé « dentelle noire », il fleurit en ombelles d’un rose pâle aussi subtile que son parfum…

Joie d’ouvrir le jardin, de partager les derniers éclats des pivoines, la générosité des rosiers, les premières panicules d’hydrangéa. Joie de voir les visiteurs s’attarder longuement à la découverte des plantes et des arbres, des libellules et des grenouilles, s’abandonner à la contemplation ou se laisser surprendre par des apparitions…

Bernard Defer a parsemé le jardin jusqu’au lit du ruisseau de promesses de vie: graines, semences et cocons, blocs d’argile pétrifiés, comme autant de signes donnés par la nature sur sa capacité à se régénérer.

« Malgré l’aspect tourmenté et stérile de cette surface, la fleur va surgir de sa graine, avec difficulté, mais porteuse d’espoir ».

Et parmi les belles promesses de vie et de survie pour la prochaine canicule, le phlomis, ou sauge de Jérusalem, qui est devenu un beau buisson lumineux très apprécié des butineuses.

Merci à Roselyne et Michel pour leurs photos.
Gertrude Jekill, Madame David Austin, Queen Elizabeth sont prêtes. Les pivoines vont sortir de leurs cages et les artistes vont commencer à s’installer jusque sur les rochers du ruisseau :
les sculptures de crin de Fabrice Po, les chimères de Martine Sauvageot,
les cocons, semences et autres céramiques de Bernard Defer,
les créations en raku de Ginette Heuraux et en terre fumée de Roselyne Norroy,
le jardin secret éclairé des lumières végétales de Lazuli Biloba et des invitations au voyage de Lise Gin…




Et, si le soleil ne se fait pas trop brûlant, encore quelques fleurs de glycines, d’azalées et de rhododendrons…
