« Là où chantent les écrevisses »

Par un étrange dérèglement des sens et de la mémoire, « La pastorale américaine » de Philip Roth peut me replonger dans le silence de matins enneigés sur les hauteurs des Vosges et dans l’odeur du feu de bois. Etrange, Philippe Claudel et « Les âmes grises » réveillent, comme si je l’avais lu hier, ce sentiment de sécurité qu’on ne trouve qu’en compagnie d’une âme sœur, à l’abri d’une réalité peu fraternelle. Les bons livres s’incrustent en nous, à jamais associés à des émotions mêlées d’embruns de mer du Nord ou de parfums de Bagatelle. Et je sais quel livre je rouvrirai pour revivre l’intensité de cet incroyable printemps 2020.

Printemps 2020 vécu intensément sous un ciel limpide, confinés dans notre forêt à l’affût des pics et du coucou, des colverts aux visites trop brèves, du héron toujours aussi insultant pour les « occupants » que nous sommes. En joie à l’envol des nichées de bergeronnettes, de mésanges, de grives, de merles et de rouges-queues. Inquiets des apparitions des geais, du milan et d’une pie grièche à tête rousse. En attente du retour du martin-pêcheur alors que les grenouilles se prélassent déjà sur les pierres chaudes à l’abri des fougères et des graminées…

Et dans la magnifique prison de notre forêt, une rencontre inespérée : la Fille de marais « où chantent les écrevisses ». Un roman d’initiation à la nature et à la solitude. Le récit d’une vie dans la nature sauvage de la Caroline du Nord, côte marécageuse peuplée de grands oiseaux de mer. Une vie terrifiante et fascinante, racontée dans une belle langue (hommages au traducteur !) par une scientifique amoureuse des mots autant que de la faune et de la flore. Délia Owens est biologiste et zoologue.

6 Replies to “« Là où chantent les écrevisses »”

  1. Ta magnifique « prison » forêt ressemble à la mienne par ses occupants 🙂
    Qu’es-ce que c’est beau chez toi avec cette étendue d’eau !
    Tu me donnes envie de lire ce livre tiens 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Oui, nous sommes vraiment privilégiés. Et « le chant des écrevisses » rend encore plus sensible aux merveilles qui se cachent dans le jardin.
    J’admire la progression des travaux de ton nouveau jardin et je suis curieuse de voir comment tu vas aménager la transition entre le jardin et la forêt…
    Amitiés, danielle

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai justement hâte que le pisciniste finisse les travaux pour qu’il enlève cette montagne de terre qu’il y a entre la maison et la forêt. Je commence à avoir envie de réfléchir à ce lieu. Mais je n’entreprendrai rien avant l’automne maintenant. Il fait déjà très chaud en journée. Ma priorité sera toujours : ombre + ombre + ombre 😉
      Bises Danielle, belle journée

      J'aime

      1. Oui, mieux attendre l’automne et, en attendant, faire de l’ombre pour toi et pour la famille des poules qui s’agrandit. Et bonne lecture à ceux qui ont la chance de ne pas encore avoir lu ce roman !

        J'aime

Répondre à pvs3skynetbe Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s