Art textile ? Inflorescences de fibres végétales ? Ou l’oeuvre du froid ?

La beauté est éphémère…


entre étang et ruisseau, rosiers et vivaces
Art textile ? Inflorescences de fibres végétales ? Ou l’oeuvre du froid ?

La beauté est éphémère…

Ce serait de très mauvais goût d’annoncer de tristes nouvelles le jour des Rois. On oubliera donc que la Lorraine, tout comme la France, a perdu un tiers de sa population d’oiseaux en trente ans. Pour le grand bien des insectes ravageurs et pour le malheur des forêts. Non, ce n’est pas le moment. On se réjouira plutôt de l’arrivée d’un nouvel oiseau.

Sorti tout droit de la forêt, il a trouvé refuge aux côtés d’un autre échassier bizarre. Il a l’oeil et le bec menaçants mais un plumage aux reflets d’un bleu irisé qui ne peuvent être que de bon augure… le bleu de la sérénité.
Il nous reste à prier pour le retour des bergeronnettes.

Signé Martine Sauvageot comme ses étranges créatures de Moulinsart…
Soleil de grasse matinée de décembre
rayons dorés filtrant à travers le givre
invitation à sortir du jardin pour cueillir les fleurs de l’hiver

Les fleurs de la carotte sauvage…
et de la cardère, le « cabaret des oiseaux », transformé des racines aux épines en distributeur de glaçons…

Il pleure des larmes blanches
sur notre tigre des neiges
endormi pour toujours sous les rosiers glacés

Il n’a fallu qu’une semaine pour oublier la neige et la glace. Premier déjeuner au soleil. Premier papillon, première primevère, premier lézard… c’est à chaque fois comme un premier printemps. Le premier bourdon endormi dans le bain de pollen d’une hellébore, s’est réveillé pour aller butiner la bruyère.


Si tout semblait en dormance sous l’épaisse couche de neige, ce n’était qu’une illusion. Les campagnols amphibies ont labouré avec ardeur entre l’étang et le ruisseau. Histoire de rappeler l’utilité de protéger les végétaux…

Première plantation, dans un nid de grillage : l’eupatoire chocolat découverte dans le Magical Garden de Judith. Si les campagnols le permettent, cet Eupatorium rugosum Chocolate devrait créer un beau contraste au bout de l’étang, avec l’hydrangea paniculata Limelight.


Premier sacrifice de l’année : la taille sévère des branches colorées des saules crevette (Salix integra Hakuro Nishiki).

Moins 10 degrés, vent d’Est et ciel limpide. Les rouges-gorges et les mésanges se disputent la priorité d’accès aux mangeoires. Les merles arrivent en bande de six, non de huit, pour s’attaquer aux petites pommes glacées du pommier de l’Himalaya. Et la bruyère préfère rester au chaud sous sa chape de velours.

Mais le grand spectacle est au bord du ruisseau. De son entrée dans le jardin, où le renard ne s’aventurera pas à traverser le rideau de glace…

Sur les méandres du ruisseau, les branches se balancent. L’écume y sculpte patiemment dans le froid ce que les souffleurs verre modèlent dans la fournaise. Telle cette bobèche en suspension, comme un lustre digne d’Emile Gallé…


Difficile, quand on pense à nos voeux pour 2020, de souhaiter une bonne année 2021. Mais elle semble pleine de promesses pour les oiseaux du jardin. Même sous la neige, la fête bat son plein entre les merles, les mésanges et les rouges-gorges. Pas besoin, pour le moment, de les approvisionner en graines et en boules de graisse. Ils trouvent des fruits et des baies à profusion. Et nous nous régalons du spectacle en rouge et blanc.


Baies rouges en panicules du bambou sacré (Nandina domestica) et branches arquées des cotoneasters au-dessus du ruisseau…


…baies rouges de la haie rescapées de la razzia des mésanges, boutons de fleurs de skimmias ‘Rubella’…


…et toujours les petites pommes du Malus Everest et le joli camaïeu de roses et rouges des corymbes des lauriers-tins (Viburnum tinus L.).


Les grappes de fruits du Berberis Koreana (difficile d’imaginer la profusion de fleurs jaunes et parfumées du Berberis au printemps) et les tiges rouges des grappes de la vigne vierge.

Et, déjà, la promesse d’une belle floraison du rhododendron rouge.
Première neige
promesse de douceur
de chauds parfums sucrés

Au petit matin, le jardin était tout blanc de givre mais le soleil a vite réchauffé tout son petit monde. Le Bambou sacré resplendit de ses petites pépites écarlates…

La sarcocca embaume à en faire tourner la tête…

Les boutons de camélia gonflent, la bruyère s’épanouit…

…et le papillon doit s’imaginer que le printemps est là ! Ne devrait-il pas plutôt être en sommeil dans sa chrysalide ? Ou est-ce lui qui a raison : le printemps est arrivé !?