L’éveil des éphémères

Il leur suffit de presque rien. Un bout de branche de hêtre, un peu d’humidité, un petit coup de gel et ils se remettent à filer la glace au petit matin.

Ces blanches inflorescences disparaissent aussitôt que la température remonte au-dessus de zéro.

L’explication scientifique de l’apparition de ces chevelures d’ange : le mycélium du champignon Exidiopsis effusa

https://unjardinenforetdedarney.blog/2020/11/24/fleurs-de-glace-filee/

Oiseau de bon augure

Ce serait de très mauvais goût d’annoncer de tristes nouvelles le jour des Rois. On oubliera donc que la Lorraine, tout comme la France, a perdu un tiers de sa population d’oiseaux en trente ans. Pour le grand bien des insectes ravageurs et pour le malheur des forêts. Non, ce n’est pas le moment. On se réjouira plutôt de l’arrivée d’un nouvel oiseau.

Oiseau bleu

Sorti tout droit de la forêt, il a trouvé refuge aux côtés d’un autre échassier bizarre. Il a l’oeil et le bec menaçants mais un plumage aux reflets d’un bleu irisé qui ne peuvent être que de bon augure… le bleu de la sérénité.

Il nous reste à prier pour le retour des bergeronnettes.

Signé Martine Sauvageot comme ses étranges créatures de Moulinsart…

Fleurs de solstice

Soleil de grasse matinée de décembre

rayons dorés filtrant à travers le givre

invitation à sortir du jardin pour cueillir les fleurs de l’hiver

Les fleurs de la carotte sauvage…

et de la cardère, le « cabaret des oiseaux », transformé des racines aux épines en distributeur de glaçons…

Bizarre, bizarre…

Des fleurs attendues au printemps qui fleurissent en été, d’autres qui disparaissent, dissoutes par les pluies et celles qui réapparaissent, ressuscitées par les pluies… . D’autres encore ont tant attendu leur heure qu’elles prennent des proportions inattendues…

Les cosmos, restés chétifs tout l’été, atteignent près de 2 mètres 50 de hauteur et leur floraison est bien décidée à résister aux petits matins frileux.

Des rhododendrons en fleurs (timides) dans le sous-bois, un hydrangéa qui donne sa première fleur en même temps que le rougissement de son feuillage, les lis de Guernesey qui se réveillent enfin…

Et les couleurs incomparables de l’automne. Sur fond d’ocres et de terra cota, le feuillage de l’hortensia bleu prend des nuances d’améthyste au violet profond.

Un dernier petit matin aux couleurs d’été indien…

Des mots pour voir

Pied fuseleux ou claviforme, chapeau cireux ou floconneux, lamelles adnées ou décurrentes… je reste fascinée par la richesse du lexique des mycologues. Une invitation à ouvrir les yeux pour bien nommer. Si le mot nous manque, serait-ce que nous n’avons jamais pris le temps de regarder la beauté de la nature ?

Les Japonais ont un mot pour nommer les rayons du soleil qui se dispersent à travers les feuilles des arbres : « komorebi ».

Ils pratiquent le « Shinrinyoku », le bain de forêt, pour trouver l’harmonie et la santé au contact des arbres. Son importation se traduit évidemment par le mot beaucoup moins poétique de « sylvothérapie ».

Le plus beau, le plus émouvant, le plus sage, « wabi-sabi » : la quête de la beauté dans les imperfections de la vie, dans l’impermanence de la création, le cycle naturel de croissance et de décroissance.

Patience, patience…

On les dit faciles à vivre, faciles à cultiver. Juste un peu de patience pour les voir fleurir en octobre, comme des cierges d’argent émergeant des feuilles mortes. Chez nous, il a fallu quatre ans de patience. Plantées à la mi-ombre du grand hêtre sur la pente qui mène à l’étang, elles n’ont donné que quelques feuilles chétives. Replantées il y a deux ans à l’ombre du tilleul en compagnie des astilbes, on les avait oubliées. Mais voilà qu’elles ont enfin fleuri ! Au bout de quatre ans de patience. Cadeau des pluies de l’année sans doute…

Cierge d’argent, Cimicifuga, Actaea matsumurae White Pearl 

Rouges et ors

Passons passons puisque tout passe

Je me retournerai souvent

Les souvenirs sont cors de chasse

Dont meurt le bruit parmi le vent

Guillaume Apollinaire

La plaine des Vosges a déjà pris les couleurs flamboyantes de l’automne. Dans notre jardin placé sous la protection de la forêt, les hêtres et les érables du jardin en sont encore aux premiers ors. Comme un cadre pour les rouges et les pourpres de la vigne vierge…

La tête haute

Cette fois, ils sont venus du Sud. La pluie, encore la pluie, et le vent. Le vent est tiède, la pluie est beaucoup moins douce. Les asters, les anaphalis, les anémones du Japon, toutes les vivaces qui portent haut leurs couleurs d’automne se retrouvent à genoux. Seuls les orpins gardent la tête haute. Mieux : ces succulentes, réputées apprécier la sécheresse, sont plus épanouies et colorées que jamais.

Les Asters novi-belgii ‘Schöne von Dietlikon’ se sont couchées sous la protection du cornouiller de Tartarie qui commence à rougir.

Parmi les asters géants d’automne, les Asters novi-belgii ‘laevis Calliope’, comme les ‘Schöne von Dietlikon’, résistent bien à l’oïdium mais pas au vent mouillé. La plantation d’arbustes coupe-vent a commencé.

Sauvées des eaux…