Vers les eaux d’automne
Du coeur du feu si rouge
La fumée s’envole.
Mukai Kyorai (1651-1704 )


entre étang et ruisseau, rosiers et vivaces
Vers les eaux d’automne
Du coeur du feu si rouge
La fumée s’envole.
Mukai Kyorai (1651-1704 )

Parfums de terre et de feuilles, opulentes fanaisons, envol d’essaims d’oiseaux… et le brame qui s’approche et s’éloigne dans la forêt. J’aimerais être capable de fixer ces sensations et les souvenirs qu’elles réveillent en quelques mots simples comme les poètes japonais. Mais il me faudra encore beaucoup méditer…

« Montagnes d’automne –
ici et là
des fumées s’élèvent »
Gyôdaï

« Après avoir contemplé la lune
mon ombre avec moi
revint à la maison »
Sodô
Haîkus traduits du japonais empruntés à Haïkunet.
Dédiés à la Vierge Marie, les jardins de l’abbaye d’Autrey célèbrent la couleur blanche dans toutes ses nuances. Rosiers lianes, immortelles, asters, glycines, hydrangéas, des plus discrètes aux plus spectaculaires, les fleurs blanches rythment les parterres et les massifs.

De l’entrée de l’abbaye, on progresse ainsi dans une succession de carrés bordés de buis, façon jardin de curé, pour accéder au jardin à l’anglaise…


Des glycines sous toutes les formes, sur les façades, en arches, en arbres, en pergolas, en massifs… il faudra revenir les admirer en pleine floraison.

En revanche, les asters, les campanules, les hydrangéas et autres plantes de bruyère restent très généreux…


…comme la collection d’hostas.

Et puis, il reste à explorer la grande variété d’arbres, de la bambouseraie aux arbustes de terre marécageuse, les platanes centenaires comme les érables du Japon…

Plus de détails sur l’Abbaye Notre-Dame d’Autrey aux bons soins de la communauté des Béatitudes : www.abbayedautrey.com
On n’osait plus y croire et pourtant… A huit jours de la fête, le préfet des Vosges a vu la lumière. Il a compris qu’une fête des plantes se déroule en plein air. Il a compris que même s’il y a affluence, dans un domaine de quatre hectares, on respire un air plus pur que dans sa préfecture.

Frère Syméon au milieu des hydrangéas nés dans la pépinière de l’abbaye riche de plus de 3000 variétés d’arbres, arbustes, rosiers, et plantes vivaces.


Entre la cour aménagée à la place de l’ancien cloître du XIIème siècle et la grotte tapissée d’hostas, une trentaine d’exposants invités où j’ai fait mon marché :


Echinops Retro ‘Plantinum blue’
Aster x Frikartii ‘Monch’
Persicaria Filiformis Sélection Adoué
Gaura
Phlox blanc ‘Fujiyama’
Sambucus nigra Black Lace ‘Eva’
Physiocarpus ‘Amber Jubilee’
Euphorbia Characias ‘Black Pearl’
et pour l’étang :
Menyantes Trifoliata
Sagittaria Graminea
Une nuit de pluie — inespérée — et la vie renaît. Une brume matinale s’étire à l’orée de la forêt. Les grenouilles qui se faisaient silencieuses lâchent quelques timides coassements. Le martin-pêcheur ne sait plus où donner du bec. Les pics redoublent d’activité… et le héron refuse toujours de se laisser photographier.

La pelouse commence déjà à reverdir et des plantes qu’on croyait moribondes se redressent. Mais le rebond le plus glorieux est celui des rosiers (à condition de ne pas regarder le feuillage).




« C’est une triste chose de songer que la Nature parle et que le genre humain ne l’écoute pas. »
Victor Hugo, « Carnets », 1870

Après la catastrophe, on va pouvoir tourner la page. Les bûcherons ont fait le ménage. Dans l’étang et sur la berge, où l’on a trouvé deux miraculés : le cornus kousa ‘Venus’ apparemment intact, quoique un peu chiffonné, et le jeune érable du Japon pourpre, au tronc légèrement éraflé.


Et, sous l’oeil vigilant de leur beau gardien…

…ils ont procédé à l’ébranchage et l’abattage du géant


Le cornus kousa est replanté ainsi que le petit érable blessé. Pour une bonne cicatrisation, on nous conseille de lui appliquer un mastic maison, mélange d’argile et de cendres de bois. A suivre…



Luxuriant, dégoulinant de rosiers lianes et de clématites, oscillant au rythme des longs épis de veronicastrum, de persicaires, d’érémerus, de digitales, de molènes, de campanules lactiflora… c’est l’été au jardin de Berchigranges.



Ce foisonnement est mis en scène sur un tapis de velours vert, cet incroyable gazon qui met en arrêt le visiteur quand il pose le pied dans le jardin…


…et qui l’invite à poursuivre la visite les pieds nus, entre les massifs comme sur le pont « végétal ».



Rappel à la réalité du moment : la bibliothèque habituellement ouverte est fermée pour cause de confinement.

Dommage : une petite halte dans le cabanon pour feuilleter les revues de jardinage, les manuels de jardinage ou les « beaux livres » dédiés aux jardins du monde ajoutait au plaisir de la visite.
« Vaut le voyage » : Jardin de Berchigranges
Pour les visiteurs qui se perdent dans notre jardin, voici une ébauche de plan et quelques vues élargies. Ruisseau, étang, massifs, bordures, arbres et arbustes isolés… occupent un terrain de 8 000 m², long d’environ 110 mètres. Ce qui brouille les repères, c’est qu’il est aménagé sur trois niveaux. Dans un passé dont il ne reste malheureusement que peu de traces, il y avait là l’un des nombreux moulins à eau qui alimentaient les manufactures, les villes et les villages de la plaine des Vosges.
Au centre du terrain, la maison (adossée à l’ancienne maison du meunier) : les 4 coins coïncident avec les 4 points cardinaux. L’entrée est orientée à l’Est Sud-Est, côté orée du bois. Les trois autres côtés sont cernés par la Forêt de Darney.

Au niveau 0 : le portail, l’allée d’épicéas, la maison et une grande terrasse gazonnée qui la contourne jusqu’au ruisseau ;



Au bout de l’allée d’épicéas, arrivés à la cour gravillonnée, on tourne à gauche sous l’arche de la glycine pour arriver à la grande terrasse qui entoure la maison.




De la terrasse, un escalier donne accès au niveau -1 aménagé en jardin de moines (plutôt que de curé, étant donné l’isolement du lieu).

En poursuivant, on contourne la maison, toujours en terrain plat, puis une côte mène à l’étang en passant sous la ramure du grand hêtre pleureur.


A suivre avec la visite des niveaux -1 et +1…
Il pleut depuis ce matin. Ce jour de grand arrosage nous rappelle notre premier printemps dans la plaine des Vosges. Les prés regorgeaient d’eau, le ruisseau grondait. Rien que de très banal, nous disait-on au village. Mais les choses ont bien changé depuis ce printemps 2013. Les pluies printanières se font de plus en plus rares, le ruisseau commence à se tarir de plus en plus tôt et… notre jardin aussi a bien changé.


Petit moment d’auto-satisfaction pour le travail accompli et les floraisons réussies en dépit d’un climat de moins en moins adapté à un jardin à l’anglaise. Moment de perplexité aussi quant à l’utilité future du petit canal de drainage le long des plates-bandes, il nous avait coûté tant d’efforts…



